Kabnekaise 2 – Sylvain 0

16 04 2008

Voilà, après m’avoir fait comprendre hier que je n’était qu’un jeune sot naïf en me montrant mes limites en tant que skieur hors piste, le Kabnekaise vient aujourd’hui encore de me donner une nouvelle leçon. A moins que ce n’ai finalement été que deux actes de clémence de sa part en me contraignant à prendre les bonnes décisions au bon moment… Car qui sait ce qui aurait pu arriver si j’avais persister dans mes ambitions aussi bien hier qu’aujourd’hui ?

Ce matin je suis réveillé beaucoup trop tôt. J’ai passé une nuit affreuse à digérer mon repas d’hier au restau’ avec Boris… Même la gnôle des voisins de chambrée compatriotes de Boris n’y a rien fait. Je suis toujours incertain de la marche à suivre pour la journée. Vais-je suivre Boris dans la « ski-mobile » faisant la navette sur les 19 km qui sépartent le refuge du Kabnekaise et le parking de Nikkaluokta où vais-je louer les skis adéquats pour entamer les 90 km qui me séparent d’Abisko ? Je décide d’attendre 9h pour l’ouverture du magasin de location et contrôler l’état de mes pieds dans les chaussures de ski nordique. A 10h j’ai fait mon choix. Je laisse Boris retourner seul jusqu’à la voiture. Mes pieds sont supportables et je ne veux pas laisser tomber aussi facilement ! D’autant plus que j’ai encore une semaine de bouffe dont je ne vais pas savoir quoi faire si je renonce maintenant… 

La pulka est chargée à 13h et je prend la piste. Le blizzard souffle à raison de 15 m/s et camouflé sous mes vêtement de gros temps, j’affronte ce vent contraire qui soulève des nuages de neige à n’en plus finir. Mais j’avance. Courbant l’échine et remerciant mes pieds qui ne font pas trop souffrir. J’ai choisi de rejoindre la piste balisée en contrebas en suivant les courbes de niveau depuis le refuge, décision qui me vaut finalement de peiner encore plus dans la poudreuse et les congères… Au bout d’1h j’ai fait 2km. Je gravis maintenant une pente d’environ 15 degrés qui avec la pulka et le blizzard me fait reculer de deux pas quand j’en fait un. Mais comme je suis pas doué en calcul, j’arrive quand même au sommet de cette colline. La vallée s’ouvre devant moi. C’est celle qui doit me mener au refuge suivant à 12 km de là. Soudain j’ai un flash. Je ne me souvient pas avoir mi la pelle dans la pulka… elle est resté au refuge. Le temps de réfléchir à un moyen de me la faire convoyer par un autre randonneur au prochain refuge le lendemain, une bourrasque de vent un peu plus forte me jette à terre. Contraint dans mes brancards, je m’aide de mes bâtons télescopiques. L’un deux semble s’être enfoncer dans la neige jusqu’à la poignée. Lorsque je le relève, je constate évidemment qu’il s’est en fait « retéléscopé »… sauf qu’il m’est impossible de le faire ressortir ! Je me retrouve donc couché dans la neige, le blizzard qui redouble, avec une pelle oubliée au refuge et un bâton et demi… Lorsque j’arrive finalement à me relever je rejoint un rocher derrière lequel il semble y avoir moins de vent… il semblait juste. Je m’accorde quand même une pause thé en énumérant les possibilités. Y’en a pas des masses, d’autant que maintenant que je suis refroidit, mes pieds me font de nouveau souffrir… Je décide donc de rebrousser chemin. J’ai toujours un bâton et demi mais au moins, j’ai le vent dans le dos ! Sauf que… maintenant j’ai la pulka qui m’entraîne dans les descentes !!! Quelques chutes me refroidissent très vite et je bataille sévère pour réussir à remettre mes moufles de duvet avant que mes doigts ne gèlent… je crois que ça peut aller vraiment très vite ces conneries !

Bref, je suis de retour au refuge à 15h30. Le temps passé au guichet pour relouer un lit, j’ai une baisse d’énergie phénoménale. Je me vautre finalement dans le lit, courbaturé, les pied en feu et petit à petit j’arrive à la décision de prendre le scooter demain et rentrer à Abisko… fini pour moi la balade à ski ! Dire qu’avec Boris, lors de notre marche de dimanche dernier jusqu’au refuge, on s’était marrer en voyant la tête des gens qui revenait par la « snow-mobile »… Ben voilà, lui l’a prise ce matin et moi je vais la prendre demain !! Lorsque qu’après une sieste comateuse je retourne au magasin pour rendre mes ski, le guide me réconforte quelque peu. Il me dit avoir fait le bon choix car le temps empire d’heure en heure, prévoyant pour demain des vents à plus de 20 m/s et n’espérant des jours meilleurs qu’à partir de samedi… Bon.

Voilà voilà. Le bilan c’est que beaucoup de choses se sont cumulées ces derniers jours. Les ampoules du premier jour, la fatigue de la rando d’hier due à un sévère manque d’entrainement, le repas qui n’était pas forcément très adapté à la journée qui allait suivre, la tempête et… une grosse dé-motivation liée à une activité qui ne m’a pas vraiment emballée aujourd’hui : tracter une pulka de x kg, dans la tempête avec des pieds foireux et avec pour seul compagnie soi-même… c’était plus qu’il n’en fallait. 

Demain je vais donc me retrouver sur la route de Stockholm, à 1300 km d’Abisko. Le voyage se retrouvant amputé d’une semaine je vais analyser ce soir de nouvelles possibilitées… à moins que je ne décide de rentrer plus tôt en France !

Let’s see ! Bye bye


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