Lofoten me voici !

28 03 2008

Salut !

Je suis arrivé à Bodø après trois jours intenses d’auto-stop. C’est finalement une belle performance d’avoir parcouru ces 1350 km en si peu de temps. Car lorsque je disais que la partie difficile se situait entre Knarvik et Trondheim à cause des montagnes et des fjord, c’était sans compter la partie très difficile des montagnes (car tout naïf que je suis, j’ai oublié que la Norvège n’est qu’une grosse montagne du Nord au Sud) et un no man’s land entre Trondheim et Bodø…  !!

Mais le plus fort dans tout ca, c’est qu’aujourd’hui c’est le cinquième jour de la semaine sans aucun nuage dans le ciel ! Ça valait vraiment la peine de prendre le temps, mais malheureusement, j’ai la forte impression que j’ai oublié mon câble de connexion USB pour mon appareil chez Erik et Annette… donc pas de photos avant un bout de temps ! En contrepartie je vais essayer de mettre de la couleur dans mes écrits…

Mardi 25 mars : Knarvik – Molde :

Distance : 450 km (dont 20 km en Ferry et 40 km en bus)  ; durée : 12h (dont 3h30 d’attente)

Ce matin, j’ai rendez-vous avec Ole, le voisin que j’ai rencontré le premier soir chez Erik et Annette. A 6h00, nous partons en direction de Bergen où il travail. Une demi heure plus tard il me dépose à Knarvik, mon point de départ, en me glissant un billet de 100 kr  (1 Nkr = 0,12 €) ! Ce mec est vraiment génial. C’est chez lui que j’ai mangé mon premier « Pinnekjøtt », plat traditionnel des fêtes de noël composé de viande de brebis dessalée et de patates, le tout arrosé abondamment d’une niôle locale (servie en même temps que le plat), de « bière de noël » (bière brune brassée uniquement pour l’occasion) et d’un bon vin chilien (ça c’est pas dans la tradition) ! Il a été un point de chute régulier lors de mes balades sur l’île pour boire le thé et voilà maintenant qu’il me file du pognon… Ole, je t’aime !Pas un seul nuage ne vient perturber le soleil qui ne chauffe pourtant pas avant 9h00. Jusqu’à 10h00 deux personnes s’arrêtent pour m’avancer de quelques kilomètres. John stop à ma hauteur à 10h30. C’est un jeune d’une trentaine d’année qui cherche à faire carrière dans le cinéma comme « monteur » (ces mecs qui coupent et assemblent les scènes). en attendant, il est responsable de l’organisation d’un tournage à Ålesund, une ville sur la côte entre Trondheim et Bergen. C’est là qu’il se rend. Ce n’est pas ma destination, mais après une centaine de kilomètres pendant lesquels ma réflexion va bon train, je décide de le suivre. Cette route est la plus courte mais elle m’oblige à prendre 5 ferries. Tant pis, je tente le coup. Nous faisons route pendant 6 heures ensemble, le temps de découvrir des paysage grandioses de montagnes enneigés et de fjords scintillant. A chaque virage sa nouvelle surprise. L’une d’elle fut une rencontre inopportune avec un mur de neige… et ouaih, tu roulais un peu trop vite mon gars !  Lorsque il découvre que la voiture (de location) n’a rien il se met à sauter de partout… quelques temps avant il a failli perdre son permis pour deux ans à cause d’excès de vitesse… ça rigole pas en Norvège avec le code de la route ! Je me pose à Ålesund un moment pour casser la croûte. Il est 17h00 et j’ai encore le temps de tenter d’arriver à Trondheim. Je dois marcher pas mal pour trouver un coin pour faire du stop. Un mec tout rigolo s’arrête assez vite. Il me conduit pendant une trentaine de bornes pendant lesquelles il ne fait que se marrer, ça fait du bien ! Il me dépose sur un arrêt de bus vers 6h00. Il commence à se faire tard et personne ne s’arrête. finalement, un bus arrive et alors que d’habitude les bus ne s’arrêtent pas en voyant ma dégaine, celui-ci, si. Je ne réfléchi pas plus que ça et je grimpe. Je prend un billet pour les quarante kilomètres qui me séparent de Molde, une ville que l’on rejoint en prenant un cinquième ferry. Lorsque j’arrive il fait nuit. J’ai tenté de trouver un chauffeur dans le bateau sans résultat. Après une brève tentative à Molde je décide de me mettre à la recherche d’un endroit où passer la nuit. J’ai pas de chance, Molde est une ville, une vraie, qui s’étend sur plusieurs kilomètres qu’il me faut parcourir si je veux avoir la chance de trouver une cabane à bateaux ouverte. Finalement, je me rend à l’évidence que ce n’est pas le genre de ville qui laisse ses cabanes ouvertes pour les vagabonds (c’est con, j’en ai croisé pleins sur la route de l’autre côté du fjord…). Finalement, je dépose mes valises sur le parvis d’un chalet de location dans un camping à la sortie de la ville. J’ai 1,50m de planché, 1,50m de toit, une tablette et une chaise. Parfait ! Un plat de nouille plus tard, je monte mon campement composé de deux grands « paillassons » trouvés à l’entrée des chalets, de mon tapis de sol et de la couverture de survie pour me faire un par-vent. C’est du tonner ! Je passe une super nuit bien au chaud dans mon duvet.

Mercredi 26 mars : Molde – quelque part entre Steinkjer et Snåsa :

Distance : 440 km (dont 26 km en ferry et 40 km en bus)  ;

durée : 12h00 (dont 3h30 d’attente)

Ce matin, je me lève à 5h30. M’étant couché à 9h30, je suis frais et dispo pour cette nouvelle journée. Je plie bagage sans pouvoir boire une goute puisque ma thermos est gelée et la réception du camping fermée. Il a fait environ -10°C cette nuit. A 6h30 je suis sur le bord de la route. J’attend pas longtemps avant qu’Ole-Martin me prenne avec lui. Il va visiter l’une de ses deux usines de recyclage d’aluminium. Il me dépose à la bifurcation pour Trondheim où je vais attendre un bon moment à me geler les meules avant qu’une nouvelle voiture s’arrête. Un gars d’une quarantaine d’année qui me fait découvrir les montagnes environnantes (toujours baignées de soleil) sous le regard du skieur hors piste qu’il est. Je pense à mon p’tit Math en voyant les traces sur les hauteurs comme autant de  »rides » qu’on pourrait s’envoyer ensemble, un jour!… Ce paysage est grandiose. Je devrait m’appeler Giono pour vous les décrire un peu. Heureusement pour moi, j’ai un ferry à prendre, alors je vais devoir vous laisser imaginer !Mon prochain co-voiturage s’appelle Robert et Siv un couple qui habite Molde et qui s’offre une promenade jusqu’à Trondheim (3 heures de route) pour allez chez Ikea !! Ils m’offrent le ferry et une spécialité servie dans ce ferry : « Svele », qui est en fait une sorte de pain-cake avec du « brown cheese » à l’intérieur et une bouteille de coca (promis, j’avais pourtant dit que j’en voulais pas !)… Bref, on passe un chouette moment. Ils me déposent 3 heures plus tard à Trondheim. Il est midi. Pas de bol pour moi, Trondheim est un sacré merdier pour un auto-stoppeur. Je me retrouve à la sortie Nord de la ville sur une bretelle de voie rapide avec très peu de place pour qu’une voiture puisse s’arrêter. et pour couronner le tout, au bout y’a un tunnel, je ne peu donc pas espérer chercher plus loin. Au bout d’un moment je troque mon panneau « Bodø » pour un « Other side of tunnel ! »… je ne sais pas si c’est ça qui a marché mais deux petites minettes, sarah et Anna, s’arrêtent finalement. L’une conduit l’autre à l’aéroport. Elle va à Bodø ! Je leur parle de couchsurfing et leur raconte comment je dois trouver chaque nuit une nouvelle place pour dormir… elles sont très intéressée, mais lorsque je dit finalement « see you to bodø ! » ça ne lui vient pas à l’idée de m’inviter pour une nuit… J’aurais dû proposer « le premier arrivé paye à boire »…

Bref, je passe une heure affreuse sur le bord de cette voie rapide a un endroit un peu plus propice, mais avec le soleil en pleine gueule et énormément de poussière… j’ai mal au ciboulot. Un mec s’arrête enfin pour me sortir de là et me dépose trente kilomètre plus loin. Je rencontre ensuite Henning, un allemand qui vit avec sa femme et ses trois enfant à Levanger à 60 km de Trondheim. Je lui parle de ces bonnes rencontres que j’ai faites en Allemagne et le voilà bien obligé de se mettre au niveau de la réputation de son pays… il m’invite à boire le thé ! On passe un sacré bon moment et finalement, au bout d’une heure, il me reconduit sur la route. Il est 5h30. Assez vite, Sven et Anka s’arrêtent. Il organise des concerts et elle tient une boutique de piercing et tatouages. Ils ont le look approprié ! ils ont fait à peu près trois fois le tour du monde et s’efforcent de donner une bonne image de la Norvège auprès des auto-stoppeurs. Il est bien contant lorsque je lui dit que son pays est en première position dans mon palmarès ! Ils font un brin de route en plus pour me trouver une bonne place. Je les sent presque gênés de ne pas m’inviter pour la nuit. Très vite après, la dernière voiture du jour s’arrête pour m’emmener une trentaine de kilomètre plus loin. là non plus mon charme ne fonctionne pas. Lorsqu’il me demande où je vais dormir et que je lui répond que je ne sais pas mais que j’ai un bon duvet, il me dépose sans sourcilier… j’aurais pas dû parler du duvet.

Il est trop tard, la nuit tombe le froid arrive, je dois trouver un coin pour dormir. Il y a de l’activité dans la ferme en contre-bas et la cheminée fume… Je tente, donc. Lorsque je rejoint l’entrée, une voiture arrive dans la cour. C’est grand-père et grand-mère qui habite une partie du bâtiment. Grand-mère ne parle pas anglais, mais elle m’introduit auprès de sa belle-fille ou de sa fille (?). Je lui demande un coin de foin pour dormir. Comme toute paysanne qui se respecte, elle va demander à son mari. Elle revient. Ça ne va pas être possible, car ils ne savent vraiment pas où je peux me mettre et puis en plus ils ont pas de lampe… j’insiste donc. Elle revient et me propose finalement « la cave ». Et ben voilà ! Tusen takk ! Finalement, le mari en question me conduit. Ils se détendent un peu et me montrent leur plus beau sourire et un magnifique coin pour m’installer, avec canapé et playstation 3 !! Après les nouilles, je tente une partie juste pour la forme, mais sans conviction. Je m’écroule vers 10h.

 Jeudi 27 mars : Quelque part entre Steinkjer et Snåsa – Bodø

Distance : 550 km ; durée : 16h30 (dont 7h00 d’attente)

Je quitte mon doux gîte à 7h00 sans rencontrer personne. Ma première voiture arrive après le temps qu’il me faut pour boire un bol de thé depuis ma thermos. L’homme travail à l’école de Grong, 50 km plus loin. On raconte pas grand chose, ça fait du bien de bon matin. Il me dépose à l’entrée de Grong, au bord de la plus belle rivière à saumons de Norvège (la rivière, pas les saumons) selon lui. Le record est de 22 kg !

J’attend dans ce fond de vallée où il fait un froid de canard. Je danse un peu histoire de me réchauffer. Au bout d’une demi heure, Bogdan, Iren et leur fils Luca me prennent. Ils sont roumains, habitent en suède et cherchent du travail en Norvège… ils sont docteurs tous les deux. Ils veulent ramasser du pognon avant de s’offrir un petit tour du monde. Le rêve de Bogdan est de devenir berger. Il va s’y mettre dés son retour. Ils me déposent à Namsskogan à 9h00. C’est joli sous le soleil qui a finalement réussi à chasser tous les nuages et il y’a un peu d’activité (c’est pas courant dans le coin) avec une bibliothèque où je peux chercher un canapé à squatter à Bodø. C’est joli, mais après 5h30 d’attente, ça l’est beaucoup moins… Une voiture toutes les 10 minutes en moyenne. C’est pourtant l’unique route qui relie le Nord et le sud de la Norvège ! Lorsque ce papi s’arrête et me propose de m’emmener au prochain « village », je dis banco. Toute façon, c’est la même chose que je reste ici ou pas, autant changer de paysage… Je m’assure cependant qu’il y ai une gare à cette endroit. J’ai laissé filer le seul train entre Trondheim et Bodø ce matin. Si aucune opportunité ne se présente, je compte bien ne pas moisir ici et prendre le train jusqu’à son terminus du soir à 200 km de là. Je passe la limite entre le nord et le sud de la Norvège (matérialisée pour de vrai !) avec mon papi, sous un soleil de plomb. La route s’ouvre peu à peu sur une immense étendue neigeuse (un lac, comme mon expérience aiguë du paysage norvégien me le laisse supposer) surplombé par des montagnes aux allures de ballon de baudruche. Papi m’arrête finalement devant un hôtel. Je lui demande de me conduire plutôt jusqu’à la gare, ce qu’il fait. Il me laisse finalement, non sans me montrer que 800m plus loin, il y a un hôtel… au cas où ! Lui non plus il ne crois pas trop à la puissance technique concentrée dans les 60 litres de mon sac…

J’attend, donc. J’ai des envies de partir me balader et prendre quelques clichés… mais mon envie de ne pas loupé une seule voiture est la plus forte. Patience récompensée. Au bout de 15 min (ce qui représente environ 1,5 voiture) une voiture s’arrête. Plus tard, je me rendrai compte qu’elle représentait en fait la demi sus-citée. Je demande à l’homme où il va. Il me demande où moi je vais. Je lui montre mon carton. Il réfléchi, puis il dit que lui aussi (il va à Bodø pour ceux qu’on perdu le fil). Je dit « great » et je lui demande si je peux y aller avec lui. Il dit qu’il ne sais pas… Il me demande d’où je viens. Je dis que je suis français. Il dit ok, il est 15h30.

Cet homme, c’est « Kasparov », du moins c’est comme ça qu’il se présente. Il est réfugier Irakien en Norvège depuis 6 ans. On embarque pour 450 km ensemble ! Sa voiture est complètement nase, comme il se plaît à le répéter. Il est crevé aussi, ça fait déjà 4 heure qu’il roule. Mais assurément, il est d’une très bonne compagnie. Un peu originale quand même. Il est catholique, anti-musulman et Sarkosyst !! Après quelques discussions enflammée et deux heures de route, nous voilà arrivé à Mosjøen où il me paye un Kebab… pourtant il a pas un rond et il refuse ne serait-ce que je lui paye un café… On repart et lorsque la nuit tombe, la neige aussi. On fait le plein à Moi i Rana deux heures plus tard, avant d’amorcer la montagne. À partir de là, il répète que c’est vraiment pas sérieux de conduire de nuit dans ces montagnes en hiver, avec cette voiture qui plus est. Tous les norvégiens le lui disent… Du coup, pour se rassurer, il teste ses freins toutes les 5 minutes (enfin ses disques, parce que ça fait longtemps déjà que y’a plus de plaquettes) en plein virages !! Je ne suis encore pas très rassuré sur la conduite avec pneus cloutés et je passe le reste des 200 km de montagne à faire de l’huile (c’est toujours ça de pris si on vient à en manquer !)… faut dire aussi que nous avons qu’un seul attache ceinture pour deux ! Mais ça passe. Très bien même à 90 km/h en descente sur la route enneigée. Pour me rassurer, je me dis que peu de choses peuvent arriver, car j’ai du bol, cette partie des montagnes norvégiennes est très soft et les précipices sont rares. A 20h30, petite pose melon (!) avant d’attaquer la montée du col, en plein milieu d’un des nombreux parcs nationaux de Norvège. C’est là qu’est matérialisé le cercle polaire !! La descente est encore pire que la montée, avec mon Kasparov qui répète « It’s not good, I don’t like this car »… Mais encore une fois, ça passe !

La dernière partie de la route, les derniers 100 km se passent sans accro. Sauf que je dois lui tenir le crachoir pour éviter qu’il s’endorme, avec ses deux sujets de prédilections : les bagnoles, qu’il aime avec 4 roues motrices et si possible « mercides » et les musulmans, qu’il aime pas du tout… On arrive, finalement… sous un ciel étoilé et un rideau d’aurors boréales !! Kasparov a fait un sacré bon boulot et je lui en suis grandement reconnaissant. Il est 11h30 et bien trop tard pour contacter un couch surfer. Comme Kasparov ne croit pas non plus à mes histoire de duvet, il me propose le gîte pour la nuit. Ok ! On finira les dernier 150 à pied, la voiture ne voulant pas grimper la route de glace. Un morceau de melon et une douche plus tard, je m’écroule dans l’canap’.

Vendredi 28 mars : Bodø – Morkenes (îles Lofoten)

Distance : 100 km (ferry) ; durée : 4h

Me voici donc à Bodø. Kasparov m’a amené ce matin puisque il habite à l’extérieur de la ville. J’ai le choix pour deux bateaux. Soit je peux aller directement aux Lofoten, soit je peux prendre un bateau pour l’île de Røst au sud des Lofoten. C’est un gros spot ornithologique que je voulais visiter. Manque de bol, si je veux aller à Røst, il n’y a pas de bateau pour les Lofoten avant mardi prochain… Vu qu’il est 14h50 et que ce bateau part dans 10 minutes, je crois qu’on peut dire que j’ai choisi la première solution. Je vais donc embarquer à 16h30 pour les Lofoten.

Voilà voilà, je vais essayer de voir ce qu’il y a à faire à Bodø…

A la prochaine !

 


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