Lofoten me voici !

28032008

Salut !

Je suis arrivé à Bodø après trois jours intenses d’auto-stop. C’est finalement une belle performance d’avoir parcouru ces 1350 km en si peu de temps. Car lorsque je disais que la partie difficile se situait entre Knarvik et Trondheim à cause des montagnes et des fjord, c’était sans compter la partie très difficile des montagnes (car tout naïf que je suis, j’ai oublié que la Norvège n’est qu’une grosse montagne du Nord au Sud) et un no man’s land entre Trondheim et Bodø…  !!

Mais le plus fort dans tout ca, c’est qu’aujourd’hui c’est le cinquième jour de la semaine sans aucun nuage dans le ciel ! Ça valait vraiment la peine de prendre le temps, mais malheureusement, j’ai la forte impression que j’ai oublié mon câble de connexion USB pour mon appareil chez Erik et Annette… donc pas de photos avant un bout de temps ! En contrepartie je vais essayer de mettre de la couleur dans mes écrits…

Mardi 25 mars : Knarvik – Molde :

Distance : 450 km (dont 20 km en Ferry et 40 km en bus)  ; durée : 12h (dont 3h30 d’attente)

Ce matin, j’ai rendez-vous avec Ole, le voisin que j’ai rencontré le premier soir chez Erik et Annette. A 6h00, nous partons en direction de Bergen où il travail. Une demi heure plus tard il me dépose à Knarvik, mon point de départ, en me glissant un billet de 100 kr  (1 Nkr = 0,12 €) ! Ce mec est vraiment génial. C’est chez lui que j’ai mangé mon premier « Pinnekjøtt », plat traditionnel des fêtes de noël composé de viande de brebis dessalée et de patates, le tout arrosé abondamment d’une niôle locale (servie en même temps que le plat), de « bière de noël » (bière brune brassée uniquement pour l’occasion) et d’un bon vin chilien (ça c’est pas dans la tradition) ! Il a été un point de chute régulier lors de mes balades sur l’île pour boire le thé et voilà maintenant qu’il me file du pognon… Ole, je t’aime !Pas un seul nuage ne vient perturber le soleil qui ne chauffe pourtant pas avant 9h00. Jusqu’à 10h00 deux personnes s’arrêtent pour m’avancer de quelques kilomètres. John stop à ma hauteur à 10h30. C’est un jeune d’une trentaine d’année qui cherche à faire carrière dans le cinéma comme « monteur » (ces mecs qui coupent et assemblent les scènes). en attendant, il est responsable de l’organisation d’un tournage à Ålesund, une ville sur la côte entre Trondheim et Bergen. C’est là qu’il se rend. Ce n’est pas ma destination, mais après une centaine de kilomètres pendant lesquels ma réflexion va bon train, je décide de le suivre. Cette route est la plus courte mais elle m’oblige à prendre 5 ferries. Tant pis, je tente le coup. Nous faisons route pendant 6 heures ensemble, le temps de découvrir des paysage grandioses de montagnes enneigés et de fjords scintillant. A chaque virage sa nouvelle surprise. L’une d’elle fut une rencontre inopportune avec un mur de neige… et ouaih, tu roulais un peu trop vite mon gars !  Lorsque il découvre que la voiture (de location) n’a rien il se met à sauter de partout… quelques temps avant il a failli perdre son permis pour deux ans à cause d’excès de vitesse… ça rigole pas en Norvège avec le code de la route ! Je me pose à Ålesund un moment pour casser la croûte. Il est 17h00 et j’ai encore le temps de tenter d’arriver à Trondheim. Je dois marcher pas mal pour trouver un coin pour faire du stop. Un mec tout rigolo s’arrête assez vite. Il me conduit pendant une trentaine de bornes pendant lesquelles il ne fait que se marrer, ça fait du bien ! Il me dépose sur un arrêt de bus vers 6h00. Il commence à se faire tard et personne ne s’arrête. finalement, un bus arrive et alors que d’habitude les bus ne s’arrêtent pas en voyant ma dégaine, celui-ci, si. Je ne réfléchi pas plus que ça et je grimpe. Je prend un billet pour les quarante kilomètres qui me séparent de Molde, une ville que l’on rejoint en prenant un cinquième ferry. Lorsque j’arrive il fait nuit. J’ai tenté de trouver un chauffeur dans le bateau sans résultat. Après une brève tentative à Molde je décide de me mettre à la recherche d’un endroit où passer la nuit. J’ai pas de chance, Molde est une ville, une vraie, qui s’étend sur plusieurs kilomètres qu’il me faut parcourir si je veux avoir la chance de trouver une cabane à bateaux ouverte. Finalement, je me rend à l’évidence que ce n’est pas le genre de ville qui laisse ses cabanes ouvertes pour les vagabonds (c’est con, j’en ai croisé pleins sur la route de l’autre côté du fjord…). Finalement, je dépose mes valises sur le parvis d’un chalet de location dans un camping à la sortie de la ville. J’ai 1,50m de planché, 1,50m de toit, une tablette et une chaise. Parfait ! Un plat de nouille plus tard, je monte mon campement composé de deux grands « paillassons » trouvés à l’entrée des chalets, de mon tapis de sol et de la couverture de survie pour me faire un par-vent. C’est du tonner ! Je passe une super nuit bien au chaud dans mon duvet.

Mercredi 26 mars : Molde – quelque part entre Steinkjer et Snåsa :

Distance : 440 km (dont 26 km en ferry et 40 km en bus)  ;

durée : 12h00 (dont 3h30 d’attente)

Ce matin, je me lève à 5h30. M’étant couché à 9h30, je suis frais et dispo pour cette nouvelle journée. Je plie bagage sans pouvoir boire une goute puisque ma thermos est gelée et la réception du camping fermée. Il a fait environ -10°C cette nuit. A 6h30 je suis sur le bord de la route. J’attend pas longtemps avant qu’Ole-Martin me prenne avec lui. Il va visiter l’une de ses deux usines de recyclage d’aluminium. Il me dépose à la bifurcation pour Trondheim où je vais attendre un bon moment à me geler les meules avant qu’une nouvelle voiture s’arrête. Un gars d’une quarantaine d’année qui me fait découvrir les montagnes environnantes (toujours baignées de soleil) sous le regard du skieur hors piste qu’il est. Je pense à mon p’tit Math en voyant les traces sur les hauteurs comme autant de  »rides » qu’on pourrait s’envoyer ensemble, un jour!… Ce paysage est grandiose. Je devrait m’appeler Giono pour vous les décrire un peu. Heureusement pour moi, j’ai un ferry à prendre, alors je vais devoir vous laisser imaginer !Mon prochain co-voiturage s’appelle Robert et Siv un couple qui habite Molde et qui s’offre une promenade jusqu’à Trondheim (3 heures de route) pour allez chez Ikea !! Ils m’offrent le ferry et une spécialité servie dans ce ferry : « Svele », qui est en fait une sorte de pain-cake avec du « brown cheese » à l’intérieur et une bouteille de coca (promis, j’avais pourtant dit que j’en voulais pas !)… Bref, on passe un chouette moment. Ils me déposent 3 heures plus tard à Trondheim. Il est midi. Pas de bol pour moi, Trondheim est un sacré merdier pour un auto-stoppeur. Je me retrouve à la sortie Nord de la ville sur une bretelle de voie rapide avec très peu de place pour qu’une voiture puisse s’arrêter. et pour couronner le tout, au bout y’a un tunnel, je ne peu donc pas espérer chercher plus loin. Au bout d’un moment je troque mon panneau « Bodø » pour un « Other side of tunnel ! »… je ne sais pas si c’est ça qui a marché mais deux petites minettes, sarah et Anna, s’arrêtent finalement. L’une conduit l’autre à l’aéroport. Elle va à Bodø ! Je leur parle de couchsurfing et leur raconte comment je dois trouver chaque nuit une nouvelle place pour dormir… elles sont très intéressée, mais lorsque je dit finalement « see you to bodø ! » ça ne lui vient pas à l’idée de m’inviter pour une nuit… J’aurais dû proposer « le premier arrivé paye à boire »…

Bref, je passe une heure affreuse sur le bord de cette voie rapide a un endroit un peu plus propice, mais avec le soleil en pleine gueule et énormément de poussière… j’ai mal au ciboulot. Un mec s’arrête enfin pour me sortir de là et me dépose trente kilomètre plus loin. Je rencontre ensuite Henning, un allemand qui vit avec sa femme et ses trois enfant à Levanger à 60 km de Trondheim. Je lui parle de ces bonnes rencontres que j’ai faites en Allemagne et le voilà bien obligé de se mettre au niveau de la réputation de son pays… il m’invite à boire le thé ! On passe un sacré bon moment et finalement, au bout d’une heure, il me reconduit sur la route. Il est 5h30. Assez vite, Sven et Anka s’arrêtent. Il organise des concerts et elle tient une boutique de piercing et tatouages. Ils ont le look approprié ! ils ont fait à peu près trois fois le tour du monde et s’efforcent de donner une bonne image de la Norvège auprès des auto-stoppeurs. Il est bien contant lorsque je lui dit que son pays est en première position dans mon palmarès ! Ils font un brin de route en plus pour me trouver une bonne place. Je les sent presque gênés de ne pas m’inviter pour la nuit. Très vite après, la dernière voiture du jour s’arrête pour m’emmener une trentaine de kilomètre plus loin. là non plus mon charme ne fonctionne pas. Lorsqu’il me demande où je vais dormir et que je lui répond que je ne sais pas mais que j’ai un bon duvet, il me dépose sans sourcilier… j’aurais pas dû parler du duvet.

Il est trop tard, la nuit tombe le froid arrive, je dois trouver un coin pour dormir. Il y a de l’activité dans la ferme en contre-bas et la cheminée fume… Je tente, donc. Lorsque je rejoint l’entrée, une voiture arrive dans la cour. C’est grand-père et grand-mère qui habite une partie du bâtiment. Grand-mère ne parle pas anglais, mais elle m’introduit auprès de sa belle-fille ou de sa fille (?). Je lui demande un coin de foin pour dormir. Comme toute paysanne qui se respecte, elle va demander à son mari. Elle revient. Ça ne va pas être possible, car ils ne savent vraiment pas où je peux me mettre et puis en plus ils ont pas de lampe… j’insiste donc. Elle revient et me propose finalement « la cave ». Et ben voilà ! Tusen takk ! Finalement, le mari en question me conduit. Ils se détendent un peu et me montrent leur plus beau sourire et un magnifique coin pour m’installer, avec canapé et playstation 3 !! Après les nouilles, je tente une partie juste pour la forme, mais sans conviction. Je m’écroule vers 10h.

 Jeudi 27 mars : Quelque part entre Steinkjer et Snåsa – Bodø

Distance : 550 km ; durée : 16h30 (dont 7h00 d’attente)

Je quitte mon doux gîte à 7h00 sans rencontrer personne. Ma première voiture arrive après le temps qu’il me faut pour boire un bol de thé depuis ma thermos. L’homme travail à l’école de Grong, 50 km plus loin. On raconte pas grand chose, ça fait du bien de bon matin. Il me dépose à l’entrée de Grong, au bord de la plus belle rivière à saumons de Norvège (la rivière, pas les saumons) selon lui. Le record est de 22 kg !

J’attend dans ce fond de vallée où il fait un froid de canard. Je danse un peu histoire de me réchauffer. Au bout d’une demi heure, Bogdan, Iren et leur fils Luca me prennent. Ils sont roumains, habitent en suède et cherchent du travail en Norvège… ils sont docteurs tous les deux. Ils veulent ramasser du pognon avant de s’offrir un petit tour du monde. Le rêve de Bogdan est de devenir berger. Il va s’y mettre dés son retour. Ils me déposent à Namsskogan à 9h00. C’est joli sous le soleil qui a finalement réussi à chasser tous les nuages et il y’a un peu d’activité (c’est pas courant dans le coin) avec une bibliothèque où je peux chercher un canapé à squatter à Bodø. C’est joli, mais après 5h30 d’attente, ça l’est beaucoup moins… Une voiture toutes les 10 minutes en moyenne. C’est pourtant l’unique route qui relie le Nord et le sud de la Norvège ! Lorsque ce papi s’arrête et me propose de m’emmener au prochain « village », je dis banco. Toute façon, c’est la même chose que je reste ici ou pas, autant changer de paysage… Je m’assure cependant qu’il y ai une gare à cette endroit. J’ai laissé filer le seul train entre Trondheim et Bodø ce matin. Si aucune opportunité ne se présente, je compte bien ne pas moisir ici et prendre le train jusqu’à son terminus du soir à 200 km de là. Je passe la limite entre le nord et le sud de la Norvège (matérialisée pour de vrai !) avec mon papi, sous un soleil de plomb. La route s’ouvre peu à peu sur une immense étendue neigeuse (un lac, comme mon expérience aiguë du paysage norvégien me le laisse supposer) surplombé par des montagnes aux allures de ballon de baudruche. Papi m’arrête finalement devant un hôtel. Je lui demande de me conduire plutôt jusqu’à la gare, ce qu’il fait. Il me laisse finalement, non sans me montrer que 800m plus loin, il y a un hôtel… au cas où ! Lui non plus il ne crois pas trop à la puissance technique concentrée dans les 60 litres de mon sac…

J’attend, donc. J’ai des envies de partir me balader et prendre quelques clichés… mais mon envie de ne pas loupé une seule voiture est la plus forte. Patience récompensée. Au bout de 15 min (ce qui représente environ 1,5 voiture) une voiture s’arrête. Plus tard, je me rendrai compte qu’elle représentait en fait la demi sus-citée. Je demande à l’homme où il va. Il me demande où moi je vais. Je lui montre mon carton. Il réfléchi, puis il dit que lui aussi (il va à Bodø pour ceux qu’on perdu le fil). Je dit « great » et je lui demande si je peux y aller avec lui. Il dit qu’il ne sais pas… Il me demande d’où je viens. Je dis que je suis français. Il dit ok, il est 15h30.

Cet homme, c’est « Kasparov », du moins c’est comme ça qu’il se présente. Il est réfugier Irakien en Norvège depuis 6 ans. On embarque pour 450 km ensemble ! Sa voiture est complètement nase, comme il se plaît à le répéter. Il est crevé aussi, ça fait déjà 4 heure qu’il roule. Mais assurément, il est d’une très bonne compagnie. Un peu originale quand même. Il est catholique, anti-musulman et Sarkosyst !! Après quelques discussions enflammée et deux heures de route, nous voilà arrivé à Mosjøen où il me paye un Kebab… pourtant il a pas un rond et il refuse ne serait-ce que je lui paye un café… On repart et lorsque la nuit tombe, la neige aussi. On fait le plein à Moi i Rana deux heures plus tard, avant d’amorcer la montagne. À partir de là, il répète que c’est vraiment pas sérieux de conduire de nuit dans ces montagnes en hiver, avec cette voiture qui plus est. Tous les norvégiens le lui disent… Du coup, pour se rassurer, il teste ses freins toutes les 5 minutes (enfin ses disques, parce que ça fait longtemps déjà que y’a plus de plaquettes) en plein virages !! Je ne suis encore pas très rassuré sur la conduite avec pneus cloutés et je passe le reste des 200 km de montagne à faire de l’huile (c’est toujours ça de pris si on vient à en manquer !)… faut dire aussi que nous avons qu’un seul attache ceinture pour deux ! Mais ça passe. Très bien même à 90 km/h en descente sur la route enneigée. Pour me rassurer, je me dis que peu de choses peuvent arriver, car j’ai du bol, cette partie des montagnes norvégiennes est très soft et les précipices sont rares. A 20h30, petite pose melon (!) avant d’attaquer la montée du col, en plein milieu d’un des nombreux parcs nationaux de Norvège. C’est là qu’est matérialisé le cercle polaire !! La descente est encore pire que la montée, avec mon Kasparov qui répète « It’s not good, I don’t like this car »… Mais encore une fois, ça passe !

La dernière partie de la route, les derniers 100 km se passent sans accro. Sauf que je dois lui tenir le crachoir pour éviter qu’il s’endorme, avec ses deux sujets de prédilections : les bagnoles, qu’il aime avec 4 roues motrices et si possible « mercides » et les musulmans, qu’il aime pas du tout… On arrive, finalement… sous un ciel étoilé et un rideau d’aurors boréales !! Kasparov a fait un sacré bon boulot et je lui en suis grandement reconnaissant. Il est 11h30 et bien trop tard pour contacter un couch surfer. Comme Kasparov ne croit pas non plus à mes histoire de duvet, il me propose le gîte pour la nuit. Ok ! On finira les dernier 150 à pied, la voiture ne voulant pas grimper la route de glace. Un morceau de melon et une douche plus tard, je m’écroule dans l’canap’.

Vendredi 28 mars : Bodø – Morkenes (îles Lofoten)

Distance : 100 km (ferry) ; durée : 4h

Me voici donc à Bodø. Kasparov m’a amené ce matin puisque il habite à l’extérieur de la ville. J’ai le choix pour deux bateaux. Soit je peux aller directement aux Lofoten, soit je peux prendre un bateau pour l’île de Røst au sud des Lofoten. C’est un gros spot ornithologique que je voulais visiter. Manque de bol, si je veux aller à Røst, il n’y a pas de bateau pour les Lofoten avant mardi prochain… Vu qu’il est 14h50 et que ce bateau part dans 10 minutes, je crois qu’on peut dire que j’ai choisi la première solution. Je vais donc embarquer à 16h30 pour les Lofoten.

Voilà voilà, je vais essayer de voir ce qu’il y a à faire à Bodø…

A la prochaine !

 




Derniers instants à Lygra

24032008

Le printemps est arrivé !! Et moi je suis les oiseaux… vers le nord ! 

Lorsque je dis que le printemps est arrivé… c’est tout relatif. En ce week-end de pâques, j’ai vécu à la fois la journée la plus chaude et la plus froide de ce dernier mois ! Aucun nuage ne venait perturber la quiétude de cette nuit de pleine lune. Au petit matin, je tombe presque du lit en voyant les premières lueurs sur un ciel immaculé. Ni une ni deux, j’enfile quelques vêtements et pars jumelles en mains, bien décidé à retrouver la loutre que j’ai contemplée quelques minutes, deux semaines avant. Quelques mètres à peine et je sens déjà les effets de ce soleil salvateur. Les premières Alouettes des champs, un vol de Bruants des neiges, je suis en veine. La dernière fois ça avait débuté sensiblement de la même façon à la différence près que les Bruants avaient juste été remplacés par madame Grand tétras… Lorsque je rejoins le site par le sentier côtier, pas de loutre en vue. Je continue, sans même croiser mon couple d’Huîtriers habituel. Lorsque j’arrive au cap de l’île, j’arrête un instant pour contempler quelques Harles huppés pas très contants de me voir. Le fjord est d’huile. Le moindre mouvement semble être décuplé dans cette quiétude. Je tombe enfin sur mes Huîtriers lorsque une forme fait surface et… fait la planche ! Salut madame loutre !! Je suis trop loin pour tenter une photo. J’attends une nouvelle immersion pour me rapprocher. Lorsque j’arrive sur la berge derrière un bon rocher, je vois la belle qui décide de repartir par petits plongeons vers la rive opposée, sa proie entre les dents… tant pis ! La rive est à une centaine de mètres. J’ai donc tout le loisir de contempler cette loutre qui se régale tranquillement avant de bondir de rocher en rocher, replonger, refaire surface et recommencer. Je la perds. Quelques minutes plus tard, un gros « plouf » à quelques mètres de moi me faire comprendre que j’aurais peut-être pas dû bouger… quelques temps après, des gémissements me parviennent depuis la rive d’en face. Est-ce la progéniture qui crie famine ? Je m’accorde une petite sieste dans la callune sous le soleil qui chauffe enfin, puis lève le camp. Je termine mon tour de l’île par la côte ouest. Je m’accorde quelques instants de voyeurisme pour les parades des Eiders à duvet. Ils sont arrivés la semaine dernière. Un beau troupeau d’environ 200 oiseaux ! Quelques oies se mêlent à la fête. Le fjord n’a toujours pas de vague… euh… si, une. Quelques chose fait surface tous les 10 mètres avant de replonger aussitôt. Serait-ce de nouveau la loutre ? Lorsque j’arrive enfin à l’avoir dans les jumelles, je découvre une masse grise qui glisse sur la surface, suivie de près par un aileron et une queue… de dauphin ! Belle matinée !!

Ça, c’était ma journée la plus chaude du mois. L’après-midi, un premier nuage, puis deux, puis du gris, puis de la neige… puis 5 cm le lendemain matin ! Puis 5 nouveaux centimètres en fin de journée. Dès que le ciel se dégage, je saute dans mes bottes pour aller « pêcher » quelques palourdes que je convoite depuis mon arrivée.

Aujourd’hui, c’est mon dernier jour à Lygra. Le soleil n’a presque pas cillé de toute la journée. Je profite d’une dernier levée de soleil sur la lande enneigée pendant une heure ou deux. Je retrouve ma loutre et cette fois, parviens à lui arracher quelques photos… c’est qu’on est intime maintenant !

 Mais qui c'est ? Troupeau nourrit en hiver. Au moins celui-là on peu l'approcher ! Fjord Est Toi d'abord... Fjord Ouest Grange traditionnelle pour stocker la tourbe ou la bruyère Le Nord de l'ïle la veille du départ grat grat grat... Belle récolte ! Depuis le temps que j'en rêvais ! Au moins la viande est déjà salée ! Une dernière pour la route

Les photos mistère :

  Pas si mal quand même ! Vanneaux huppés Eiders à duvet Eiders à duvet en pleine parade   Bruants des neiges... sisi cherche bien ! Huitriers pie Bécasseau que j'm'avancerai pas plus loin Pygargue à queue blanche Une espèce endémique à ce fjord. 

La première période de mon voyage s’achève sur cette note… ça m’va !!

J’ai atteint un peu plus de la moitié de mon voyage et il reste encore tellement de chemin à parcourir pour si peu de temps ! C’est donc à la fois le coeur lourd et la tête plein d’entrain que je fais mes bagages, profite une dernière fois de ce beau paysage et passe les derniers moments avec mes hôtes si accueillants.

Cette première période fut bien intéressante du haut de ses 2 mois et demi et ses 2800 km. De chouettes rencontres et de très bons moments. Il me reste maintenant dans les 5300 kms pour retourner au bercail pour un peu plus d’un mois et demi ! La prochaine étape sera les îles Lofoten au delà du cercle polaire, à 1700 kms d’ici. C’est la pleine saison de la pêche à la morue dans ces îles et je crois que selon les opportunités et le temps qu’il me reste , je m’arrêterai bien pour gagner trois sous chez les marins norvégiens. A moins que je trouve une ferme qui veuille bien m’embaucher. J’ai contacté 3 fermes caprines qui fabriquent le célèbre « brunost » ou « brown cheese » ou encore « fromage marron »… J’ai une réponse mais qui ne se prononce pas encore sur l’opportunité de me trouver du travail. On verra bien. De toute façon il y aura forcément trop de choses à voir et à faire… En attendant, je vais essayer de pallier au plus urgent : arriver jusqu’à Bodø d’où je dois prendre un bateau pour les îles. En stop, ce n’est pas si simple. Surtout dans la première partie, jusqu’à Trondheim, à travers les montagnes… Mais j’empreinte la voie de bus, donc j’ai toujours une roue de secours pour ne pas passer le peu de temps qu’il me reste au bord de la route !

Car vous l’avez compris, le temps presse. Je me donne une vingtaine de jours pour arriver à Narvik, une ville sur le continent à l’extrémité Nord des Lofoten. De là je dois prendre le train pour la Suède et quelques jours à ski dans un des parcs nationaux entre Narvik et Kiruna en Suède.

Bien le bonjour, à toutes et à tous et portez-vous bien !

 




Matinée pêche

7032008

Salut,

 J’ai suivi Ole, un septuagénaire pas facile facile à apprivoisé, pendant deux heures à se geler les meules pour remonter trois de ses filets… Mais l’effort fut récompensé par une sympathique expérience et bien sûr, de quoi donner à Erik de la matière pour nous concocter quelques petits plats norvégiens !! Je crois que j’ai touché plus de poissons en une matinée que dans toute ma vie de pêcheur… comment ça c’était facile !?

Les photos sont un peu maigres et il n’y en a aucune montrant le gros de la manoeuvre. Mais je vous assure que mes doigts ne pouvait absolument plus bouger après avoir remonté les filets et délivré la poiscaille. Et puis… Ole sachant à peine se servir d’un téléphone (il est arrivé sur l’île quant il avait 37 ans. Il a jamais pu s’y faire !) et parlant environ deux mots d’anglais, je me voyais mal lui demander d’appuyer à moitier sur le bouton pour l’autofocus !!!

Voilà, merci Ole, c’était froid mais intense !

De bon matin, juste pour mettre dans l'ambiance Je pensais ne pas voir de neige ici... loupé ! Il a neigé pendant trois jours ! Le bâteau d'Ole Les criques comportes souvent plusieurs hangars à bâteau pour plusieurs propriétaires Le costume à la mode par ici... La pêche du jour : morue, sole et 1 tourteau qui restera dans l'bâteau... ah ces pêcheurs ! Mars-avril, c'est la pleine saison de la morue. Elles valent une petite fortune lorsqu'elles sont vendues vivantes ! Bon... ben maintenant faut rentrer ! Morue fraiche bouillie (avec têtes et oeufs), patates et carotte à l'eau et fricassé de foie, le tout arrosé de beurre... un régal !




Photos

4032008

Tag !

Toutes les photos prisent depuis le début de cette balade nordique sont sur le lien « mes photos » en format compressé. Bonne balade !

 




Ytre Lygra, Chez Erik et Annette

1032008

Salut,

Voilà une première semaine d’écoulée. Le temps passe très vite ici, c’est seulement la pluie qui reste ! Je profite de mon week-end (un vrai de vrai avec deux jours !) pour me rapprocher un peu de vous et en plus, ce matin il pleut, alors…

Je goûte enfin à la tranquillité. Nous somme trois à vivre dans la maison. On travail environ 6h par jour sur la ferme avec Erik et j’ai deux jours de week-end. Mes hôtes sont charmants et on se prend vraiment pas la tête. Temps qu’on fait notre part du travail collectif, chacun peut vivre comme il l’entend et il n’y a personne pour jeter un regard de travers. La vie quoi ! Mais c’est pas toujours si évident…

Cette semaine j’ai rencontré pas mal de monde. Pendant deux jours on a participé au « ramassage » de deux troupeaux expérimentaux de « wild sheep ». Depuis le début des années 70, le secteur de Lindås et les écosystèmes de son littoral attirent l’attention des biologistes norvégiens. L’île de Lygra accueil depuis 1989 le « Centre de la lande à bruyère » (www.lyngheisenteret.no en norvégien !) qui est à la fois un centre de recherche et un écomusée à dimension européenne, puisque cet habitat est caractéristique des milieux agricoles de l’Europe occidentale bordant l’océan atlantique. En partenariat avec les acteurs locaux, il tente de redonner vie à cet écosystème de lande et aux activités humaines ancestrales qui l’ont créé. Pour ce faire, le centre à restaurer le bâti (bâtiments agricoles, murs en pierre sèche), défriché les landes, créé des chemins et contractualisé avec les éleveurs locaux pour mettre en commun les troupeaux et réutiliser ces parcours. L’éco-musée a été créé pour accueillir le public (touristes, locaux, scolaires et étudiants) et vulgariser les recherches scientifiques (environnement, agronomie, histoire, sociologie…). Un gîte permet de séjourner sur cette portion de l’île distante de 10 km du premier commerce.

La zone couverte par le projet représente une superficie d’environ 170 ha, entre l’extrémité nord de l’île de Lygra et la totalité de l’île de Lurekalven distante d’une centaine de mètres de la première. La portion de Lygra (70 ha) est utilisée par un troupeau d’une trentaine d’ovins. Quant à l’île de Lurekalven (90 ha), qui n’a de bâtis que les vestiges d’une ferme Viking, elle est utilisée par un troupeau de 78 têtes.

L’idée des chercheurs est de démontrer l’intérêt de valoriser ces milieux de landes par une utilisation rentable. Je crois que c’est pas encore gagné… La race « wild sheep » est très bien adaptée à ce type d’utilisation. Malheureusement, rusticité et économie ne vont pas souvent de paire… mais des fois si ! Les troupeaux sont laissés en totale liberté et ne sont « ramassés » que deux à trois fois par an (la troisième fois ce n’est que pour récupérer des données). Les animaux ne sont bien entendu pas nourris, d’où l’intérêt de garder une mosaïque de milieux et notamment de la lande, pour l’apport de matière « verte » en hiver ! La lande est également anciennement utilisée comme fourrage pour les animaux rentrés en hiver (vaches et chevaux). La tourbe une fois séchée en grange était utilisée comme combustible et comme litière pour les animaux en stabulation. Quant au lien avec la mer, il est bien entendu très fort. Le hareng est pêché puis salé (c’est un comble !!), le surplus servant d’engrais pour le champs d’patates, tout comme le goémon. Paraît même que le hareng est une source de vitamine D en hiver qui permet d’éviter la déprime chère à cette période !

Bref, un vrai p’tit paradis pour prof de GEN en mal de nouvelles destinations… D’autant qu’un troupeau d’étudiant est toujours le bienvenu ici, en période de ramassage de moutons. Car il n’est pas question de bergers et de chiens ici… non non non. C’est pas assez authentique et c’est beaucoup plus marrant de ratisser pendant 4 ou 5 h dans les tourbière en formation serrée pour pousser le troupeau débusqué jusque dans l’entonnoir qui se termine par un parc de contention ! C’est ce à quoi j’ai participé cette semaine… Phoebus tu me manque !!!  En cette période de l’année, le but est uniquement scientifique. On pèse chaque individu et on prend un échantillon de crotte et un échantillon de sang pour analyse. Le poids sert à évaluer les gains ou perte et donc la rentabilité économique de l’affaire ; les crottes témoignent entre autre de la ressource alimentaire utilisée pour en arriver à ce poids ; et avec le sang, ils cherchent notamment à déterminer l’intérêt d’une espèce de saule (salix que j’me souvient plut du nom) qui serait à l’origine de l’apport d’un oligo-élément important pour nous, les bêtes : le Cobalt. Le Cobalt sert à produire de la vitamine B12. Cette vitamine (au moins en ce qui concerne nos chers moutons) est utilisée par une bactérie importante de leur estomac (enfin… d’un de leurs estomacs !). Sur l’île de Lygra, l’équipe d’entretien a éliminée tous ces saules lors du défrichage. Il en résulte une perte de poids de moitié par rapport aux individus présents sur l’autre île ! Bref, tout ça est bien intéressant pour qui est intéressé par tout ça… et, par chance, je le suis ! J’attend avec impatience les résultat d’une prochaine étude sur la valeur alimentaire de la Calune ! Mais bon, ils ont fait les prélèvements cette semaine et les résultats ne seront publiés que dans deux ans…

En attendant, je vais éviter de passer mon week-end sur Internet et je vais aller me goinfrer de p’tits sablés venus de France par colis non direct et avec beaucoup de détours, envoyés par mon pôpa et ma môman pour mon nanniversaire !!! Quant à José et Annie… Pleins de bisous à vous deux !

Gros bécaux !

Ça y est j’ai enfin pris le temps de compresser mes images… pas trop tôt !

Erik en plein conseil de guerre... m'en fou c'est en Norvégien La cible du jour On embarque pour l'île de Lurekalven... Moi j'ai pas mis de gilet c'est trop la honte ! Point départ du ratissage Notre seule bouée de sauvetage ! Pygargues à queue blanche... sisi ! Erik en embuscade. Alors tu t'les gèles ? C'est pas la place d'un botaniste ici !! A ce moment là (après 3 essais manqués), Tout est dans l'art de courir et de crier en gesticulant !! Pas si facile... Ouf, on y est. Y'a plus qu'à procéder aux prélevements. Du soleil ! Ouaih, j'ai même le temps de prendre 2 photos ! La ferme d'Erik et Annette (l'enrubané était là avant eux... et sera là surement après !) Depuis la ferme Une race de poule locale en voie d'extinction... jolie non ? La même race... mais pas en extinction de voix ! Erik et Annette C'est l'printemps ! La future cabanne à bâteau d'Ole (que j'ai déja évoqué) C'est en général dans ce genre d'endroit qu'ils construisent leur cabanne à bâteau... Le parking de Lygra







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