Trajet jusqu’en Norvège

23 01 2008

Salut !

Je constate avec un grand désespoir que l’heure passée à la bibliothèque d’Hirtshals lundi dernier n’a servie a rien, puisque ça a bugué et que visiblement, il ne reste rien de ma belle prose… Mais il se trouve qu’aujourd’hui j’ai du temps. Je vais donc en profiter et vous en faire profiter !

Wunstorf _ du jeudi 10 au samedi 12 janvier

L’accueil de Carole, Gerrit et de leurs enfants fut bien trop sympa pour ne pas en profiter. Je n’ai finalement que peu de photos a vous proposer. Ça me donne une bien belle excuse pour répondre a leur offre de repasser par là pendant mon retour, d’autant plus qu’en deux jour je n’ai pas réussi a entendre la voix de Carole, aphone. Il me faut vérifier si elle ressemble a la voix de Véro, autant que peuvent se ressembler de nombreux aspects de leur personnalité… S’en est troublant. Quant a Baptiste et Gaspard… ce sont les deux mêmes.

La journée de vendredi fut des plus tranquille. Ce matin là, je m’offre le luxe d’une petite balade a vélo jusqu’a un observatoire de Steinhude meer, la station  balnéaire locale. Peu de piaf à jumeler ce jour là (visiblement c’est assez souvent), hormis des Oies cendrée et des Harles huppés… c’est toujours ca de pris ! En fin de journée, on pare faire un tour avec Gerrit. La soirée se terminera fort tard et je dois le dire, je suis bien beurré lorsque je vais me coucher. C’est que Gerrit avait un p’tit rhum de Martinique bien fameux qu’il a fallut honorer. Pour plus de sûreté il me prête sa flasque qu’il rempli convenablement en prévision des froides soirées sous la tente… Lorsque je reviendrai en mai pour la rendre (vide), mon lit sera dans leur nouvelle maison, a 400 m d’ici, au bord de Steinhude meer…

Nous somme samedi matin. Carole et Gerrit on des invités pour un p’tit dej’ a rallonge. J’avoue sachant cela, que la perspective de me retrouver à faire du stop ne m’enchante pas vraiment. Mais il faut avancer. Je me suis fixé le 15 janvier pour arriver dans la première ferme en Norvège. Gerrit me propose finalement de m’emmener directement sur une station d’autoroute au lieu que je prenne le bus. D’accord ! On s’embrasse chaleureusement et me revoilà seul fasse à mon destin d’auto-stoppeur…

 Wunstorf - Hamburg

 Durée : 9h30 (dont 7h30 d’attente), distance 160 km.

J’attends 4h30 sur cette aire d’autoroute. Je suis prêt a craquer. D’ailleurs je craque un peu… Quelque allemands auront eu la joie d’assister a mes danses, à mes grimaces et autres auto-discussions… Heureusement, je garde le sourire. Merci Carole et Gerrit ! Grâce a vous, j’ai le smille pour la journée !!

Une contrôle de flics (qui visiblement ne vont pas jusqu’a Hamburg) plus tard , un camion s’arrête. Je met un p’tit temps pour me rendre compte que c’est pour ma pomme. Ce brave Mirek ! On a un peu de mal a ce comprendre, lui le polonais qui parle polonais et russe et moi le français qui me retrouve avec un un anglais des plus élaborés… On parvient tout de même a tailler la bavette pendant une centaine de bornes. Cartes, calendriers (non, non, pas les calendriers Aubade) et post-it sont autant d’outils à notre disposition pour se faire comprendre. Lui, il s’en fou, son accélérateur est bloqué et c’est a peine s’il est obligé de regarder la route… un 6ème sens peut-être. Bref, merci mon brave Mirek, ce fut super. Lorsqu’il me dépose sur la dernière aire d’autoroute avant Hamburg (à 50 km quand même), la pluie s’arrête. J’essuie quand même plusieurs échecs avec ma pancarte Flensburg (frontière danoise). Un mec en surcharge, un routier danois qui finalement ne rentre plus au pays… c’est finalement Wolfgang et Kelly qui me proposent de m’avancer jusqu’à Hamburg où ils habitent, a condition que je veuille bien partager mon siège avec Amper, Voltaire, Kera et Maia… leurs quatre chiens. On fait 10 minutes de routes et visiblement la dicussion autour des chiens leur a plus : « dog’s friends are always welcome ! We have a guest room, do you want to come with us ? »… Moi qui quelque heures avant avait dit a papa que quoi qu’il arrive, je ne planterai pas la tente ce soir… Et c’est partie pour une soirée en compagnie d’une ménagerie bien farfelue mais fort sympathique. Repas de rêve (à peine une semaine hors de France et ça me manque déjà…), concert prive de Pink Floyd et bien sûr, une belle cuite… au whisky tourbé cette fois !

Le lendemain, je suis debout a 8h. Le soleil est revenu, c’est une merveilleuse journée pour un auto-stoppeur… Mais le réveil est dur pour mes deux acolytes… Il va falloir que j’attende jusqu’à midi. Petit dèj’ oeuf/fromage/charcutaille, une heure de caresses aux chiens (c’est que y’en a quatre quand même… et des gros !) et à 14h, malgré l’offre de Wolfgang et Kelly de me faire visiter Hamburg, je suis de nouveau en place sur une nouvelle station autoroute, mon paysage quotidien. Certes, j’ai rongé mon frein toute la matinée, mais ça valait vraiment le coup de prendre le temps. Tant de prévenance et de gentillesse, ça vaut bien une demi journée ensoleillée. C’est pour ça que je suis venu ! Un grand merci Kelly et Wolfgang, je vous appelle dés mon retour pour cette visite d’Hamburg !

  

Hamburg – Hadsten 

Durée : 8h30 (dont 4h30 d’attente), distance 355 km.

Après une minute d’attente un jeune me prends jusqu’à Flensburg, une ville allemande a la frontière avec le Danemark. Je comprends pas bien comment, mais j’ai quand même passé la frontière. Je suis en Scandinavie ! Lorsqu’il me dépose, il s’apprête a faire nuit. Je me retrouve a un feu rouge a tendre mon carton. Au bout d’un moment, il faut que je remette une couche. J’en profite pour manger un morceau. Au bout d’une heure, deux stéréotypes de la minette scandinave s’arrêtent. Au bout de cinq minutes, vu la tournure que prend la discussion, je me rend compte qu’elles se trompent sur ma destination. Elles pensaient que j’allais 5 km plus loin. Non non, c’est 350 km plus loin… M’enfin, finalement c’est mieux comme ça car elles me dépose a l’entrée de l’autoroute. Y’a un peu moins de lumières et elles embarquent mon carton en prime mais ça les vaut ! Je réitère mon expérience de la frontale position clignotante. Ça fonctionne. Un couple s’arrête et me propose de me déposer sur la prochaine station autoroute. C’est ici que peu après, je fais la rencontre de Paul. On sympathise pendant ces 170 km jusqu’a Hadsten, une petite ville à 5 km de l’autoroute au nord de Århus. Il a téléphoné pour me trouver les horaires de train pour Hirtshals. Après tout, 20 euros c’est pas si cher… mais quand même, ça me fous un coup au moral d’arriver jusqu’ici en stop et de prendre le train. D’autant qu’en Norvège, je vais sûrement être obligé de prendre le bus. Je prend le temps d’un plat de pâte dans la gare. Je suis sensé prendre un train ce soir jusqu’à Aalborg et un autre demain jusqu’a Hirtshals… Finalement, me voila sauvé. Il n’y a pas de ferries le lendemain pour la Norvège. J’ai donc toute la journée pour faire seulement 160 km ! Je décide de ne pas planter la tente ce soir. Pas le goût. Je préfère me la jouer soft. Ne voulant pas non plus squatter cet endroits trop fréquenté, je pars a la recherche d’une place plus propice. Peut de temps après, mes réflexions se mêlent a la réalité et je tombe sur une magnifique petite cabane dans un jardin d’enfants… j’ai même des seaux et du sable pour me faire un bon p’tit matelas. Je m’enroule dans une couverture de survie et ronfle… jusqu’à 5h du mat’ où il me faut quand même remettre une couche. Bon dieu, ça caille dans c’pays ! Je me rendors, chaufferette a la main, jusqu’a 7h où je plis bagage. Il est temps de se remettre en route !

  

Hadsten-Hirtshals

Durée : 4h (dont 10 min d’attente), distance 165 km (dont 8 km a pied).

Il ma faut une heure pour rejoindre l’entrée de l’autoroute, face à un magnifique levé de soleil. Beaucoup de monde passe par ici, beaucoup vont probablement à Aalborg pour travailler. C’est Dorte qui s’arrête. La soixantaine, elle vie depuis dans une communauté de 100 personnes qu’elle a créée en 1980. Intéressante cette petite discussion. Elle est en retard pour son boulot _ en autres responsable des médecins étrangers à l’hopital d’Aalborg _ mais prend le temps de pousser un peu plus loin sur le périph pour me mettre sur la bonne voie. L’intention était bonne, mais c’est loupé. Il me faut faire 2 km en bordure de voie rapide pour rejoindre une entrée, dans une zone industrielle. Au bout d’une demi heure un mec s’arrête pour me prévenir que l’entrée suivante est tout de même bien mieux. Je m’en doutais… je repars, donc. Il faudra encore 4 km (à cette endroit l’autoroute se sépare) pour que je tombe enfin sur un coin tranquille. D’ailleurs au bout de 30 secondes, Suzanne, revendeuse de vin italien, m’embarque. On retourne à Aalborg pour récupérer une commande dans son dépôt, puis elle m’emmène jusqu’à Hirtshals, non sans avoir fait un crochet par le magasin a qui est destinée la commande. Sa fille voyage en ce moment en Amérique centrale. Elle l’aide à sa manière…

En ce lundi 14 janvier, j’arrive donc au terminal de ferries Color lines d’Hirtshals. Le bateau part a 1h50 le lendemain matin, j’ai donc une dizaine d’heures a tuer. Je profite des dernières minutes de clarté pour faire une balade sur la plage et dans le port. Hirtshals n’a rien d’extraordinaire. C’est une ville portuaire avec une petite économie de pêche professionnelle, tout le reste étant tourné vers les ferries avec deux départs par jour vers Oslo et Kristiansand. Le centre ville se réduit à une rue piétonne de 100 m de long avec des fast-food, des échoppes de fringues, des magasins de matériel marin et des pubs ou je me rend bien entendu pour sonder l’ambiance locale… ben y’en a pas. Je retourne finalement dans la station de ferries pour y appeler Jenny (ma première hôtesse en Norvège) faire un brun de toilette et surtout, piquer un roupillon jusqu’a l’heure d’embarquement.

      

Hirtshals-Åmot

Durée : 12h (dont 5h de bateau et 4h30 de bus), distance 400 km (dont 250 km en bus).

Passionnante cette nuit en bateau. J’ai ronflé bien tranquillement allongé sur la moquette. Lorsque je débarque vers 7h du matin à Kristiansand. Bien entendu il fait nuit, sa caille et il se met rapidement à pleuvoir. La veille Jenny m’a donné le numéro d’un de ses copains sur ma route pour y faire une étape. Mais d’une part j’ai jamais réussi à le joindre, d’autre part, je me vois pas du tout commencer à faire du stop ici… J’attend pendant une heure l’ouverture de l’office de tourisme. Une fois a l’intérieur, c’est très simple : « non, je vous déconseille de faire du stop sur cette route et oui il y a un bus pour Ålmot. Un seul. Et il part dans 10 minutes. » Bon ben dit comme ça ! 400 couronnes norvégiennes (40 euros) et c’est partis. Au bout de 150 km il ne pleut plus et j’ai même droit a quelque rayons de soleil. Si seulement j’avais penser a mon appareil photo resté dans la soute… C’est somptueux. Le bus s’enfile d’abord dans une des nombreuses vallées qui sillonnent le pays. Une centaine de mètres de large plantée de pins et de bouleaux, des versants rocheux sur lesquels s’accroches des lambeaux de végétation et une multitude de lacs et cours d’eau, le tout dans une ambiance de neige et de glace. Quelques habitations de bois et une route défoncée qui n’est bien entendu pas salée vu que ça servirait strictement a rien (tout le monde ici a des pneus neige). Nous faisons nos 250 km entre 50 et 70 km/h. On grimpe ensuite sur un plateau. Là, il n’y a pas forcément plus de neige qu’en bas (1,50 m à 2 m), mais une immensité extraordinaire, bordé a l’horizon de chaînes de montagnes. Une immensité blanche parsemée d’une végétation essentiellement constituée de bouleaux.Me voici a Åmot, un changement de bus plus tard. En 4h30, nous avons du croiser une quinzaine de voitures. Je crois que l’option bus n’était pas si mauvaise que ça… C’est d’ailleurs un moyen de locomotion très prisé ici. Les gens n’hésitent pas a faire 4h de bus pour aller à Oslo ou même 10h, pour rejoindre Stockholm en Suède… C’est tellement utilisé que même dans les bus scolaire il y a moyen d’acheter un billet pour une destination locale et le plus fort, c’est que les soutes servent également a envoyer des colis. Il font du chronopost en gros. J’appelle Jenny depuis le téléphone du resto de la station de bus. Pas de téléphone publique ici et visiblement, ça ne les gêne absolument pas de me prêter le leur. Il me reste 4 km à faire. Pour me vanger de cette journée au transport trop facile et puisque la route n’est pas déneigée pour accueillir a la fois un véhicule et un piéton, je fais du stop. Cinq minutes plus tard j’empreinte en contrebas de la route le petit raidillon d’une cinquantaine de mètre qui mène a la ferme de Jenny et Ole. Il est environ 15h, je fais la connaissance de Jenny et Gustave leur fils de 2 ans. Ole arrive une heure plus tard avec Ole-Martin, son fils de 20 ans.


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