Dernière ligne droite

5052008

Salut !

Aujourd’hui c’est le dernier jour de mon étape à Steinhude avec Carole, Gerrit, Baptiste, Pénélope et Charlotte sous un soleil estival. Demain, je repars pour 1000 km de route en direction de Mionnay et ce seront donc également les derniers moments de ces quatre mois de voyage.

Quatre jours à faire du vélo ou du canoë, à lire des histoire et jouer dans les coussins, à faire de nouvelles rencontres autour d’une table et s’asseoir un instant pour une bière, bercé par la caquètement des oies tout en observant la brume sortir du pré en face de la nouvelle maison de mes hôtes… J’ai déjà retarder mon départ d’une journée pour profiter un peu plus de mes nouveaux amis, mais il est temps maintenant de penser au retour et à tout ce que cela implique. Pas mal de choses pour occuper l’esprit en vérité. dans moins de deux mois je commence une nouvelle saison de berger à Barcelonnette et il reste beaucoup de choses à régler avant ça !

A bientôt !




Flash back

28042008

Salut !

Je suis aujourd’hui à København (Copenhague) au Danemark. Je suis arrivé hier dans la voiture de Mickael et Lisbeth qui m’ont invités à rester chez eux. Lisbeth est parti dans la nuit pour Montréal pour l’inspection d’un laboratoire pharmacologique (puisque elle est elle-même biologiste en pharmacologie). Donc on a prévu de se retrouver ce soir à Copenhague avec Mickael (enseignant-chercheur en écologie marine) pour une soirée resto et ciné entre mecs ! Bref, le chemin du retour prend de belle allure d’happy end ! Je pense repartir demain (si je ne reste pas un jour de plus) pour Hamburg où je pense m’arrêter une nuit ou deux chez Wolfgang, Kelly et leurs 4 chiens (pour ceux qui ont suivi).

En guise de flash back pour tout ce temps sans trop d’explications depuis Lygra, je vous propose un « reportage photo »…

Entre Lygra et Bodø : du 25 au 28 mars; Distance : 1400 km

J’ai déjà raconté ce voyage dans un article précédant… voici donc les photos !

La route des fjords entre Knarvik et Ålesund On attaque la montagne John qui goute au fromage de chèvre francais... il aime pas ! Sur l'un des ferries entre Knarvik et Mølde Campement a Mølde C'est moins cher... Robert et Siv m'offrent un gouté sur le bateau, un coca et 300 km de route ! Quand c'est pas aux rennes qu'ils faut faire attention, c'est à une autre bête à 4 pattes ! Après le thé, chez Henning Lorsque le soir arrive quelque part entre Steinkjer et Snåsa, je louche sur une ferme pour passer la nuit Kasparov qui constate les dégâts de la veille lorsqu'on a pas réussi à monter la côte jusqu'à chez lui

Entre Bodø et Henningsvær : du 28 au 31 mars ; Distance : 220 km (dont 100 km en bateau)

Je prend le bateau pour Morkenes l’après-midi du 28 mars. Je vais rejoindre Å dans la foulée pour repartir le lendemain pour la ferme de Knut et Tove à Bøstad où j’espère trouver du travail. Finalement, ils ont du travail, mais pas de quoi me payer. Je reste deux jours chez eux en attendant lundi pour partir à Henningsvær où selon eux, j’ai des possibilités pour trouver du boulot…

Départ de Bodø pour Å i Lofoten Flash back p3280094 Å i Lofoten Ce dimanche, on part à ski avec la famille de Knut et Tove pour retrouver les voisins des environs Je défend cherement les couleurs de la France lors du concours de saut à ski... en ski de fond c'est pas si simple !

Henningsvaæer : du 31 mars au 12 avril Le lundi 1er avril, je me dirige en direction d’Henningsvær sous les conseils de Knut et Tove. Trente minute après être arrivé, je me retrouve habillé en extra-terrestre… et c’est parti pour deux semaines à saler la morue !!

La rue principale d'Henningsvær Mon patron m'a donné un appart de 300 m2 pour mon séjour à Heningsvær ! 1ère étape : la pêche du jour est sortie du bateau La morrue est ensuite vidée. On conserve aussi le foie, les oeufs et la tête dont la langue a été prélevée par les enfants qui le vendent pour leur propre salaire La morrue passe ensuite dans une machine qui découpe l'arrête dorsale. Une foie nettoyées de tout les restes d'entraille, les morrue sont ranger par couches dans des caisses et sont salées 3 semaines après avoir baigné dans cette saumure, les filets sont mis sur palette et salé (à sec) avant d'être expédiés Russes, Ouzbecks, Ukrainiens, Lituaniens et... un norvégien ! Ouin ouin !! Pause café. Tous les jours, Bohan (83 ans) nous ravi avec ses gâteaux toujours différents !

Couleurs des Lofotens Paparazzi polonais en herbe Pause bibine avec Anna-Maria, une autre paparazzi polonaise Sur les hauteurs d'Henningsvær, couché de soleil qui illumine les Lofotens au 1er plan et le continent au 2nd Les cornes de brumes rugissent lors du croisement de deux express cotiers Hurtigruten dans le soir d'Henningsvær. Sêchage de chaussettes pendant mon affût à l'Aurore boréale Aurore boréale

Kabnekaise : du 12 au 18 avril

J’ai rencontré Boris à Henningsvær 2 jours avant. Comme je l’ai dit dans un autre article, il est en Norvège pour 4 mois histoire de se faire un maximum de sommets en ski de rando. Le samedi 12 avril, on part d’henningsvær ensemble pour Abisko. Boris envisage de rester 3 ou 4 jours au Kebnekaise, quant à moi, je compte ralier le Kebnekaise à Abisko en ski de fond après son départ… Tout ne c’est pas passé comme prévu !

On se prépare pour 19 km jusqu'au refuge du Kabnekaise C'est beau d'rêver ! La Laponie c'est plat, très plat, affreusement plats !! Aprés 4h, je décide enfin de remettre mes bottes de marche... trop tard ! Depuis le refuge du Kabnekaise Soirée aux chandelles Aprés le lundi d'immobilité forcée, je me met dans les traces de Boris en direction du Kabnekaise Quand je dit dans la trace, c'est pas peu dire... Boris se l'est tappée pendant 4 h !! On a marché les derniers 100 m sur la crête en contrebas... pas si facile Le boulet... sur les derniers mètres Boris a porté mes skis !! Je suis quand même redescendu par mes propres moyens Peu pas s'empêcher de faire son malin celui-là... Et avec le style s'il te plait ! Bon ben y'a plus qu'à rentrer... Home sweet home Une fois rentré y'a pluqu'à constater les dégats... beuuuh Bon ben salut Boris, j'espère que t'as pas trop honte de rentrer en scooter ? Ok j'ai rien dit... p4170709.vignette après un petit tour à l'hopital de Kiruna, je me retrouve avec une infection au pied droit... j'vois pas pourquoi ?

Entre Abisko et Stockholm : du 18 au 22 avril ; Distance : 1300 km (dont 400 km en train)

J’ai hâte de laisser derrière moi cet échec au Kebnekaise… j’ai maintenant une revanche à prendre ! Je fais du stop entre Abisko et Kiruna puis faute de pouvoir rester plus longtemps debout, je prend le train jusqu’à Luleå. Je rencontre le soir même Krister, avec qui je vais passer un peu de temps. Je vais rester deux nuits à Luleå. Le 20 avril je repars en stop et m’arrête à Umeå qui est un gros spot à ornitho parait-il. Je me trouve une grange avec du foin non loin d’une rave party pour Cygnes, Oies et autres Grues. Je repars le 21 pour m’arrêter à 250 bornes de Stockholm aprés avoir fait de chouettes rencontres.

Un Elan un peu dingo sur la route de Kiruna Luleå prise dans les glaces pendant 4 mois en hiver Luleå est la capitale des brises glaces qui assurent l'ouverture des voies de commerces maritimes Chez Krister et Britt, mes hôtes de Luleå Krister et Britt habitent l'un de ces appartements en bord de mer Aprés 2h de marche, je trouve un bout de campagne suèdoise trés prisée par les grands migrateurs En vol Mon logement pour la nuit Cette partie de la Suède est jonchée de ces granges au milieu des champs Bivouac entre Umeå et Stockholm p4210773.vignette A la belle, tranquille pépere...

Stockholm : du 22 au 26 avril

A peine arrivé sur le bord de la voie rapide en ce matin du 22 avril, que Mats s’arrête pour m’emmener 250 km plus loin dans une ville de la banlieue à 10 minutes de Stockholm. Le café qu’il m’offre depuis sa thermos est comme une délivrance après la privation d’eau depuis hier soir.

A midi je mange avec Silvia, la copine de Cinzia que j’ai rencontré dans ma première ferme en Norvège. Je passe l’aprés midi dans des musées, avant de m’inquiéter de mon logement pour le soir. La plupart des auberges de jeunesse sont fermées et je galère un peu pour finalement trouvé un lit dispo dans une AJ sur un bateau. Après une bonne douche, je retrouve un groupe de français que j’ai rencontré dans la principale auberge de jeunesse de la ville. On passe la soirée ensemble. Le lendemain, je passe une heure à chercher une AJ pour la nuit suivante, en vain. je décide de profiter de ma journée et advienne que pourra… Vu la chaleur qu’il fait depuis 1 semaine, je me rafraîchi à bord d’un Kayak de mer que je loue pour 3 heures. Cette visite insolite est un pur régal. Le soir je retrouve mes frenchies dans l’auberge de jeunesse toujours comblée. Lorsqu’on se couche à cinq heure du matin, je squat finalement un matelas dans une des chambres… à l’oeil !

Ce jeudi 24 avril, je décide de vivre mes derniers instants à Stockholm en visitant la maison des parcs nationaux, à 20 km au sud du centre ville. Je découvre une fois là-bas que le site est également une des entrées du parc national de Tyresta. Je décide donc de partir pour 2 ou 3 jours dans le parc histoire de changer d’air. Je passe 3 jours et deux nuit à travers des forêts tourbeuses et des lacs somptueux (un peu froids quand même) avec pour voisin des plongeons arctiques, Garrots à oeil d’or, Grues cendrées et autres Bernaches… Le tout sous un soleil estival !

Stockholm Le Vasa, un vaisseau de guère qui a coulé en 1600 dans la baie de Stockholm et qui a été renfloué dans les années 80. Les parisiens envahissent Stockholm... merci Ryanair ! Candys n'est pas de Paris, mais de Caen Mon hotel pour ma première nuit à Stockholm Ouah le mec ! Celui là je l'ai laissé passer... De retour dans Stockholm La vie gagne toujours Rando dans le parc national de Tyresta Parmis les premières fleurs du printemps : l'Hépatique à trois lobes Rencontre de Lindsay (américaine) et Pieter (Belge)... ils ont allumé le feu que je vais squater ce soir ! Le campement de la première nuit à Tyresta À la santé de Geritt et Carole ! C'est toujours plus sympa de sortir des sentiers battus... Instant de méditation avant le grand plongeon... ...qui ne doit pas trop tarder, sinon c'est foutu ! Ce soir c'est saucisses !

Entre Stockholm et Copenhague : du 26 au 27 avril ; Distance : 650 km

Je rejoint Stockholm en début d’après-midi le 26 avril. Un Tram me conduit en banlieue sur la bonne route et je commence à faire du stop. Comme depuis le début en Suède, la chose est très facile et je n’attend pas longtemps avant que la première voiture ne s’arrête. A 18 h je me trouve à Linkøping, à 200 km au sud de Stockholm. Je n’en partirai pas avant le lendemain. A 19h je décide de rejoindre l’auberge de jeunesse. Après 3 jours de rando j’ai vraiment besoin d’une douche ! Lorsque j’arrive, l’AJ est fermée. Forcément. Je retourne à la gare et passe 1 heure à envoyer des messages de détresse à un maximum de couchsurfer, avant de rejoindre l’AJ pour tenter ma chance… Qui ne met pas longtemps à (re)venir. Je croise Thomas qui descend d’une voiture et se dirige vers l’AJ. Je lui demande de m’offrir une douche. Il accepte. Il me parle un français aux accents Algéro-suédois (il est suédois et a travaillé plusieurs mois en Algérie) des plus marrant, pendant que l’on cherche les clé de sa chambre dans une vraie chasse au trésors digne des années de gloire de ma chère mère. Lorsque l’odeur de mes pompes surgit (je ne sait même pas si j’ai eu le temps de défaire mes lacets) il m’assure que peut de suédois auraient accédé aussi gentiment à ma requête. Je lui soumet l’idée que c’est peut-être l’air de l’Algérie qui lui a donné cette chaleur humaine… Thomas est pressé. Il est responsable d’un club de judo et ce soir il fête la victoire de son club à un tournoi qui a eu lieu aujourd’hui. Je le quitte donc rapidement et contrôle mon portable qui a bipé dans la douche. C’est un message de Teddison, un français étudient erasmus qui répond à ma bouteille à la mer ! Je prend le bus et le rejoint dans son campus. Il me donne le double de ses clés, me montre le frigo plein de bières, la laverie et me donne rencard 10 minutes plus tard pour une erasmus party dans le campus… A 3h, je ronfle comme un bébé.Je pars de Linkøping en début d’après-midi du 27 avril (hier en fait). Le chauffeur de bus m’avance gratuitement jusqu’à la voie rapide ou je commence le stop. Encore une fois, j’attend 2 minutes avant que Eva et Lars s’arrêtent pour donner un lift de 250 km. Je m’arrête manger et reprend le stop. Cette fois je vais attendre 3 minutes pour finalemnent rencontrer Mickael et Lisbeth que j’ai présenté plus haut et qui m’emmeneront jusqu’à Copenhague !




Stockholm

23042008

Hei oh !

Je vous écris depuis mon hôtel flottant amarré non loin du centre ville dans l’archipel de Stockholm. Je suis arrivé hier matin après 2 nuits sur la route entre Luleå et Stockholm.

Pour l’heure, je ne vais pas m’attarder plus longtemps. Il est déjà tard et j’ai encore beaucoup de choses à voir… parce que, vous me croirez ou non, mais malgré la densité impressionnante de français (merci Ryanair), je suis amoureux de cette ville !! C’est la première fois que j’aime vraiment, pour de vrai, être en ville… c’est le début de la fin.

Bon… malgré plusieurs essais, je n’ai pas la verve aujourd’hui. Donc vous allez devoir vous en tenir là bande de p’tits veinards. Et si vous ne me croyez pas, ben faut venir. J’ai rencontré une française qui a payé 20 € son allez-retour Paris-Stockholm. Je veux pas faire de pub pour ce genres de pratiques, mais… disons que c’est juste pour info !

A la prochaine

Pour ceux que ça intéresse, mes problèmes de pieds ne sont plus qu’un brûlant souvenir, tout est rentré dans l’ordre ! Donc je suis tout disposé à courir les rues de Stockholm et faire du tourisme un peu plus normal… comme me la si sagement suggéré Annie ! emoticone




De nouveau sur la route

19042008

Salut,

Me voici arrivé sur la côte Est de la Suède, à Luleå. Après mon rapatriement en motoneige, j’ai fait un petit détour par l’hôpital de Kiruna sous les bons conseils de ma chère maman… et bien entendu elle avait raison. Le pied enflé, rouge, la jambe douloureuse et les ganglions qui s’excitent, de la fièvre et des courbature, cette charmante doctoresse danoise n’a pas mi très longtemps à me diagnostiqué une infection à l’une des ampoules du pied droit. Donc je suis reparti pour Abisko avec des antibio et des bains de pied à faire 2 fois par jour…

J’ai fait le trajet en stop entre Abisko et Kiruna. Mais ne pouvant pas rester plus longtemps debout, j’ai finalement pris le train à Kiruna pour Luleå. Faut avouer aussi que le train n’est vraiment pas cher en Suède, pour un meilleur confort que les nouveaux TER français !

Pour 17 €, j’ai posé mes valises dans un hotel tranquile de la ville. Je m’installe peu de temps aprés à l’une des tables d’un pub avec des tireuses à bière à perte de vue. Krister vient me rejoindre rapidement et commence à me raconter sa vie. Il a 57 ans et est passé quelque fois à coté de la mort avant d’avoir un pacemaker. Sa femme est dans un fauteuil roulant. Donc il me dit de pas être effrayé, qu’il essaye de profiter de la vie et de parler aux gens. Donc il me parle. Sa compagnie est un peu étrange, un peu lourde parfois, mais sympathique. Finalement il m’embarque chez lui pour m’offrir un thé et à manger. On arrive en plein milieu d’un repas d’anniversaire d’une des 10 aides à domiciles qui s’occupe de sa femme… de charmantes compagnies, la plus part africaines. Donc c’est un festival de glace à la vanille, pastèque et melon ! Je repars un peu plus tard avec la promesse de krister de m’emmener où je veux pour me faire visiter ce que je veux le lendemain… bon.

Je vais prendre de nouveau la route pour Stockholm demain, après avoir fait mon petit tour de Luleå aujourd’hui. Je suis toujours à la recherche d’un ordinateur muni d’un logiciel de traitement d’image pour réduire mes photos, de manière à un peu moins parler et un peu plus montrer… en attendant, bonne lecture !




Kabnekaise 2 – Sylvain 0

16042008

Voilà, après m’avoir fait comprendre hier que je n’était qu’un jeune sot naïf en me montrant mes limites en tant que skieur hors piste, le Kabnekaise vient aujourd’hui encore de me donner une nouvelle leçon. A moins que ce n’ai finalement été que deux actes de clémence de sa part en me contraignant à prendre les bonnes décisions au bon moment… Car qui sait ce qui aurait pu arriver si j’avais persister dans mes ambitions aussi bien hier qu’aujourd’hui ?

Ce matin je suis réveillé beaucoup trop tôt. J’ai passé une nuit affreuse à digérer mon repas d’hier au restau’ avec Boris… Même la gnôle des voisins de chambrée compatriotes de Boris n’y a rien fait. Je suis toujours incertain de la marche à suivre pour la journée. Vais-je suivre Boris dans la « ski-mobile » faisant la navette sur les 19 km qui sépartent le refuge du Kabnekaise et le parking de Nikkaluokta où vais-je louer les skis adéquats pour entamer les 90 km qui me séparent d’Abisko ? Je décide d’attendre 9h pour l’ouverture du magasin de location et contrôler l’état de mes pieds dans les chaussures de ski nordique. A 10h j’ai fait mon choix. Je laisse Boris retourner seul jusqu’à la voiture. Mes pieds sont supportables et je ne veux pas laisser tomber aussi facilement ! D’autant plus que j’ai encore une semaine de bouffe dont je ne vais pas savoir quoi faire si je renonce maintenant… 

La pulka est chargée à 13h et je prend la piste. Le blizzard souffle à raison de 15 m/s et camouflé sous mes vêtement de gros temps, j’affronte ce vent contraire qui soulève des nuages de neige à n’en plus finir. Mais j’avance. Courbant l’échine et remerciant mes pieds qui ne font pas trop souffrir. J’ai choisi de rejoindre la piste balisée en contrebas en suivant les courbes de niveau depuis le refuge, décision qui me vaut finalement de peiner encore plus dans la poudreuse et les congères… Au bout d’1h j’ai fait 2km. Je gravis maintenant une pente d’environ 15 degrés qui avec la pulka et le blizzard me fait reculer de deux pas quand j’en fait un. Mais comme je suis pas doué en calcul, j’arrive quand même au sommet de cette colline. La vallée s’ouvre devant moi. C’est celle qui doit me mener au refuge suivant à 12 km de là. Soudain j’ai un flash. Je ne me souvient pas avoir mi la pelle dans la pulka… elle est resté au refuge. Le temps de réfléchir à un moyen de me la faire convoyer par un autre randonneur au prochain refuge le lendemain, une bourrasque de vent un peu plus forte me jette à terre. Contraint dans mes brancards, je m’aide de mes bâtons télescopiques. L’un deux semble s’être enfoncer dans la neige jusqu’à la poignée. Lorsque je le relève, je constate évidemment qu’il s’est en fait « retéléscopé »… sauf qu’il m’est impossible de le faire ressortir ! Je me retrouve donc couché dans la neige, le blizzard qui redouble, avec une pelle oubliée au refuge et un bâton et demi… Lorsque j’arrive finalement à me relever je rejoint un rocher derrière lequel il semble y avoir moins de vent… il semblait juste. Je m’accorde quand même une pause thé en énumérant les possibilités. Y’en a pas des masses, d’autant que maintenant que je suis refroidit, mes pieds me font de nouveau souffrir… Je décide donc de rebrousser chemin. J’ai toujours un bâton et demi mais au moins, j’ai le vent dans le dos ! Sauf que… maintenant j’ai la pulka qui m’entraîne dans les descentes !!! Quelques chutes me refroidissent très vite et je bataille sévère pour réussir à remettre mes moufles de duvet avant que mes doigts ne gèlent… je crois que ça peut aller vraiment très vite ces conneries !

Bref, je suis de retour au refuge à 15h30. Le temps passé au guichet pour relouer un lit, j’ai une baisse d’énergie phénoménale. Je me vautre finalement dans le lit, courbaturé, les pied en feu et petit à petit j’arrive à la décision de prendre le scooter demain et rentrer à Abisko… fini pour moi la balade à ski ! Dire qu’avec Boris, lors de notre marche de dimanche dernier jusqu’au refuge, on s’était marrer en voyant la tête des gens qui revenait par la « snow-mobile »… Ben voilà, lui l’a prise ce matin et moi je vais la prendre demain !! Lorsque qu’après une sieste comateuse je retourne au magasin pour rendre mes ski, le guide me réconforte quelque peu. Il me dit avoir fait le bon choix car le temps empire d’heure en heure, prévoyant pour demain des vents à plus de 20 m/s et n’espérant des jours meilleurs qu’à partir de samedi… Bon.

Voilà voilà. Le bilan c’est que beaucoup de choses se sont cumulées ces derniers jours. Les ampoules du premier jour, la fatigue de la rando d’hier due à un sévère manque d’entrainement, le repas qui n’était pas forcément très adapté à la journée qui allait suivre, la tempête et… une grosse dé-motivation liée à une activité qui ne m’a pas vraiment emballée aujourd’hui : tracter une pulka de x kg, dans la tempête avec des pieds foireux et avec pour seul compagnie soi-même… c’était plus qu’il n’en fallait. 

Demain je vais donc me retrouver sur la route de Stockholm, à 1300 km d’Abisko. Le voyage se retrouvant amputé d’une semaine je vais analyser ce soir de nouvelles possibilitées… à moins que je ne décide de rentrer plus tôt en France !

Let’s see ! Bye bye




Quand on veut on peut…

15042008

Coucou !

La journée d’hier aura été suffisante pour me redonner de quoi vivre un bien bon moment aujourd’hui. Et puis faut dire aussi que c’est pas si mal le ski bar avec bière, sauna et quand même un petit exercice d’une heure pour l’utilisation de l’ARVA en cas d’avalanche, avec Boris qui n’aura pas été absent trop longtemps.

Ce matin je sentais beaucoup moins mes pieds et beaucoup plus mes capacités à affronter une bonne journée de ski. Le soleil sur le versant Est du Kabnekaise a probablement aussi été pour beaucoup dans ce sursaut d’énergie ! Après un bon bandage j’ai pu finalement chausser les bottes sans trop de mal. A 9h30 nous sommes parti en direction du Kabnekaise. Le vent de face qui balayait la neige nous à permis d’approcher des Rennes bataillant sévère pour trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Le sommet du Kabnekaise est toujours dans les nuages que même les fortes bourrasques n’arrivent pas à décrocher. Au bout de 2h30 nous arrivons à l’intersection de deux parcours possibles. A gauche pour le Kabnekaise ou à droite pour un sommet moins élevé et plus accessible. On décide d’aller à droite. Avec tout ce vent la neige n’est pas sûre et de toute façon, quel intérêt d’aller se mettre dans le blizzard du Kabnekaise ? L’ascension de ce versant n’est pas pour autant des plus facile pour le novice que je suis. Les pied commencent à chauffer, la pente augmente et les premières fatigues se font sentir… Lorsque la pente devient trop forte, on est contraint de rejoindre une ligne de crête caillouteuse pour déchausser et gravir les derniers 100m avec les ski sur les épaules. J’en chi comme pas deux. Le fait de marcher ravive mes douleurs, sans compter que je fait pas l’malin de là ou je suis. Les 20 derniers mètres sont sur un travers neigeux qui surplombe un glacier. Boris se propose pour faire le passage et revenir pour porter mes ski. Ça c’est un pote !!

Voilà, le plus dur est fait Boris a bien bosser à me faire la trace durant 4h et à me porter les ski ensuite… on s’autorise un casse-croute bien mérité… sisi pour moi aussi ! Un dernier effort de 15 minuntes conduit Boris jusqu’au sommet par une légère pente. Aprés cette pause, mes pied se sont réveillés. J’ai du mal à rechausser mes ski et j’ai encore une demi heure de descente jusqu’au refuge. Donc je reste à m’économiser…

Lorsque Boris me rejoint je suis fin prêt. On s’élance dans la pente, trop douce d’abord pour permettre à mes petites cuisses de faire de beau virage. Lorsque le dénivelé arrive c’est un vrai bonheur de glisser sur cette blancheur immaculé et illuminée par ce soleil qui ne nous aura quitté que rarement aujourd’hui. Malgré toutes ces années de snowboard, je retrouve vite mes sensations de glisse à ski et malgré les plaintes de mes cuisses, je m’éclate jusqu’au bout !

Ce soir, le bilan est double. Vraiment content de cette journée et plus que dubitatif sur la suite des évènements. Une de mes trois ampoule a vraiment jonglée et maintenant, c’est moi qui jongle. Je suis sensé préparer ma pulka et partir demain pour cinq jour de ski de fond… Mais la nuit porte conseil et comme on s’offre le restau’ dans le refuge de soir, nul doute que ça va me redonner toute l’énergie nécessaire. D’autant qu’au menu ce soir c’est viande d’Élan !!

 La bise !




Ski bar…

14042008

Salut,

Quel endroit insolite pour écrire sur Internet… un refuge au pied du Kabnekaise ! Mais c’est un peu plus qu’un refuge puisque il y a aussi un magasin de location de ski, quelques denrées de base, un restaurant bien sûr et un sauna de 15 m2…

Nous sommes donc arrivés hier soir après 5 heures de marche pour 20 km et seulement 200 m de dénivelé positif. Donc vous l’avez compris, c’était plat ! Je crois que j’ai jamais autant souffert au court d’une rando. Faut dire aussi que le ski de rando n’est pas vraiment adapté pour ce genre d’exercice puisque dans ces larges vallées plates de Laponie, le ski de fond est roi. Le mélange pulka/ski de rando est d’ailleurs assez peu rependu (voir complètement rare) puisque il n’est guère possible de gravir de gros dénivelé en tractant une pulka (la mienne pèse autour de 35 kg). Mais j’avais besoin à la fois des ski de rando pour le sommet et à la fois de la pulka pour transporter mon sac et toute la bouffe pour une semaine, même si le parcours est jalonné de points de ravitaillement (aux tarifs évidemment exorbitant).

Au bout d’une heure j’avait les pieds qui chauffaient dangereusement. Au bout de 3h30 j’ai troqué mes bottes de ski contre mes bottes de marche…  Si seulement j’avais pris cette décision avant ! Ce fut une renaissance de marcher sur cette piste damée par le passage répété des skieurs et des motos-neige. Après 5h, le sauna fût une délivrance que je n’aurait jamais suspecté… sauf que… le strap n’a en rien évité la formation d’ampoules plus grosses que mon pied (sur chaque pied bien sûr) et au contraire, a fortement augmenté la douleur lorsque il a fallu décoller le bandage de la chair à vif… hummm.

Donc me voici, à écrire sur Internet en plein milieu de la journée au lieu de bouffer de la neige ! Ni le temps neigeux ni mes douleurs de nous permettaient de tenter l’ascension du Kabnekaise aujourd’hui qui est à 6h de marche (à ski). Nous avions donc prévu un plus petit parcours de 3h juste au dessus du refuge. Lorsque il a fallu rejoindre mes ski chaussé de mes bottes, j’ai senti que ça ne le ferrai pas. Lorsque j’ai chaussé les ski, j’ai peut-être fait 5 m, puis… : « Bon ben Boris, je crois que ce sera sans moi ».

Voilà comment s’achève un doux rêve… Je ne sais vraiment pas si je vais finalement pouvoir faire un sommet avec Boris avant qu’il ne parte mercredi ou jeudi. Quand à rejoindre Abisko ensuite… Certes je vais pouvoir échanger mes ski de rando contre des ski de fond mais est-ce que ca va le faire ??? Nous verrons bien !

Alors, la bise et au plaisir !




Rando à ski

13042008

Salut à tous

Je profite d’une improbable ouverture de la bibliothèque de Kiruna pour vous donner quelques nouvelles.

Je suis resté dans les Lofoten jusqu’à hier. Deux semaines pendant lesquelles j’ai travaillé dans une usine de transformation de morue pour gagner de quoi financer ma rando à ski. Et ça a plutôt bien marché puisque j’ai fait de magnifiques rencontres et ramassé environ 1200 € !!! Par-mis ces rencontres, je ne citerai que Boris, un jeune suisse-allemand dynamique de 35 ans qui a plaqué sa meuf, son boulot (ingénieur dans le génie civil) et son appart’ pour passer 4 mois en scandinavie et se farcir le plus de sommets possibles en ski de rando…

Aujourd’hui, je suis donc avec Boris à Kiruna, en Suède. Dans une heure nous partons ensemble pour le Kebnekaise, le point culminant de la Suède (2111 m) que l’on devrait affronter demain si tout va bien… Un autre sommet est prevu pour mardi avant que Boris retourne en Norvège rejoindre des amis mercredi. Quant à moi, je vais partir du refuge au pied du Kabnekaise (que l’on rejoint cette après-midi) pour un périple de 5 jours dans les vallées enneigées, tractant ma « pulka » pour rejoindre Abisko, la ville où j’ai loué tout le matos (ski, pulka, ARVA).

Bref, pas mal d’aventure à venir ! Si le temps le permet….

A bientôt !!! (j’espère emoticone)




Lofoten me voici !

28032008

Salut !

Je suis arrivé à Bodø après trois jours intenses d’auto-stop. C’est finalement une belle performance d’avoir parcouru ces 1350 km en si peu de temps. Car lorsque je disais que la partie difficile se situait entre Knarvik et Trondheim à cause des montagnes et des fjord, c’était sans compter la partie très difficile des montagnes (car tout naïf que je suis, j’ai oublié que la Norvège n’est qu’une grosse montagne du Nord au Sud) et un no man’s land entre Trondheim et Bodø…  !!

Mais le plus fort dans tout ca, c’est qu’aujourd’hui c’est le cinquième jour de la semaine sans aucun nuage dans le ciel ! Ça valait vraiment la peine de prendre le temps, mais malheureusement, j’ai la forte impression que j’ai oublié mon câble de connexion USB pour mon appareil chez Erik et Annette… donc pas de photos avant un bout de temps ! En contrepartie je vais essayer de mettre de la couleur dans mes écrits…

Mardi 25 mars : Knarvik – Molde :

Distance : 450 km (dont 20 km en Ferry et 40 km en bus)  ; durée : 12h (dont 3h30 d’attente)

Ce matin, j’ai rendez-vous avec Ole, le voisin que j’ai rencontré le premier soir chez Erik et Annette. A 6h00, nous partons en direction de Bergen où il travail. Une demi heure plus tard il me dépose à Knarvik, mon point de départ, en me glissant un billet de 100 kr  (1 Nkr = 0,12 €) ! Ce mec est vraiment génial. C’est chez lui que j’ai mangé mon premier « Pinnekjøtt », plat traditionnel des fêtes de noël composé de viande de brebis dessalée et de patates, le tout arrosé abondamment d’une niôle locale (servie en même temps que le plat), de « bière de noël » (bière brune brassée uniquement pour l’occasion) et d’un bon vin chilien (ça c’est pas dans la tradition) ! Il a été un point de chute régulier lors de mes balades sur l’île pour boire le thé et voilà maintenant qu’il me file du pognon… Ole, je t’aime !Pas un seul nuage ne vient perturber le soleil qui ne chauffe pourtant pas avant 9h00. Jusqu’à 10h00 deux personnes s’arrêtent pour m’avancer de quelques kilomètres. John stop à ma hauteur à 10h30. C’est un jeune d’une trentaine d’année qui cherche à faire carrière dans le cinéma comme « monteur » (ces mecs qui coupent et assemblent les scènes). en attendant, il est responsable de l’organisation d’un tournage à Ålesund, une ville sur la côte entre Trondheim et Bergen. C’est là qu’il se rend. Ce n’est pas ma destination, mais après une centaine de kilomètres pendant lesquels ma réflexion va bon train, je décide de le suivre. Cette route est la plus courte mais elle m’oblige à prendre 5 ferries. Tant pis, je tente le coup. Nous faisons route pendant 6 heures ensemble, le temps de découvrir des paysage grandioses de montagnes enneigés et de fjords scintillant. A chaque virage sa nouvelle surprise. L’une d’elle fut une rencontre inopportune avec un mur de neige… et ouaih, tu roulais un peu trop vite mon gars !  Lorsque il découvre que la voiture (de location) n’a rien il se met à sauter de partout… quelques temps avant il a failli perdre son permis pour deux ans à cause d’excès de vitesse… ça rigole pas en Norvège avec le code de la route ! Je me pose à Ålesund un moment pour casser la croûte. Il est 17h00 et j’ai encore le temps de tenter d’arriver à Trondheim. Je dois marcher pas mal pour trouver un coin pour faire du stop. Un mec tout rigolo s’arrête assez vite. Il me conduit pendant une trentaine de bornes pendant lesquelles il ne fait que se marrer, ça fait du bien ! Il me dépose sur un arrêt de bus vers 6h00. Il commence à se faire tard et personne ne s’arrête. finalement, un bus arrive et alors que d’habitude les bus ne s’arrêtent pas en voyant ma dégaine, celui-ci, si. Je ne réfléchi pas plus que ça et je grimpe. Je prend un billet pour les quarante kilomètres qui me séparent de Molde, une ville que l’on rejoint en prenant un cinquième ferry. Lorsque j’arrive il fait nuit. J’ai tenté de trouver un chauffeur dans le bateau sans résultat. Après une brève tentative à Molde je décide de me mettre à la recherche d’un endroit où passer la nuit. J’ai pas de chance, Molde est une ville, une vraie, qui s’étend sur plusieurs kilomètres qu’il me faut parcourir si je veux avoir la chance de trouver une cabane à bateaux ouverte. Finalement, je me rend à l’évidence que ce n’est pas le genre de ville qui laisse ses cabanes ouvertes pour les vagabonds (c’est con, j’en ai croisé pleins sur la route de l’autre côté du fjord…). Finalement, je dépose mes valises sur le parvis d’un chalet de location dans un camping à la sortie de la ville. J’ai 1,50m de planché, 1,50m de toit, une tablette et une chaise. Parfait ! Un plat de nouille plus tard, je monte mon campement composé de deux grands « paillassons » trouvés à l’entrée des chalets, de mon tapis de sol et de la couverture de survie pour me faire un par-vent. C’est du tonner ! Je passe une super nuit bien au chaud dans mon duvet.

Mercredi 26 mars : Molde – quelque part entre Steinkjer et Snåsa :

Distance : 440 km (dont 26 km en ferry et 40 km en bus)  ;

durée : 12h00 (dont 3h30 d’attente)

Ce matin, je me lève à 5h30. M’étant couché à 9h30, je suis frais et dispo pour cette nouvelle journée. Je plie bagage sans pouvoir boire une goute puisque ma thermos est gelée et la réception du camping fermée. Il a fait environ -10°C cette nuit. A 6h30 je suis sur le bord de la route. J’attend pas longtemps avant qu’Ole-Martin me prenne avec lui. Il va visiter l’une de ses deux usines de recyclage d’aluminium. Il me dépose à la bifurcation pour Trondheim où je vais attendre un bon moment à me geler les meules avant qu’une nouvelle voiture s’arrête. Un gars d’une quarantaine d’année qui me fait découvrir les montagnes environnantes (toujours baignées de soleil) sous le regard du skieur hors piste qu’il est. Je pense à mon p’tit Math en voyant les traces sur les hauteurs comme autant de  »rides » qu’on pourrait s’envoyer ensemble, un jour!… Ce paysage est grandiose. Je devrait m’appeler Giono pour vous les décrire un peu. Heureusement pour moi, j’ai un ferry à prendre, alors je vais devoir vous laisser imaginer !Mon prochain co-voiturage s’appelle Robert et Siv un couple qui habite Molde et qui s’offre une promenade jusqu’à Trondheim (3 heures de route) pour allez chez Ikea !! Ils m’offrent le ferry et une spécialité servie dans ce ferry : « Svele », qui est en fait une sorte de pain-cake avec du « brown cheese » à l’intérieur et une bouteille de coca (promis, j’avais pourtant dit que j’en voulais pas !)… Bref, on passe un chouette moment. Ils me déposent 3 heures plus tard à Trondheim. Il est midi. Pas de bol pour moi, Trondheim est un sacré merdier pour un auto-stoppeur. Je me retrouve à la sortie Nord de la ville sur une bretelle de voie rapide avec très peu de place pour qu’une voiture puisse s’arrêter. et pour couronner le tout, au bout y’a un tunnel, je ne peu donc pas espérer chercher plus loin. Au bout d’un moment je troque mon panneau « Bodø » pour un « Other side of tunnel ! »… je ne sais pas si c’est ça qui a marché mais deux petites minettes, sarah et Anna, s’arrêtent finalement. L’une conduit l’autre à l’aéroport. Elle va à Bodø ! Je leur parle de couchsurfing et leur raconte comment je dois trouver chaque nuit une nouvelle place pour dormir… elles sont très intéressée, mais lorsque je dit finalement « see you to bodø ! » ça ne lui vient pas à l’idée de m’inviter pour une nuit… J’aurais dû proposer « le premier arrivé paye à boire »…

Bref, je passe une heure affreuse sur le bord de cette voie rapide a un endroit un peu plus propice, mais avec le soleil en pleine gueule et énormément de poussière… j’ai mal au ciboulot. Un mec s’arrête enfin pour me sortir de là et me dépose trente kilomètre plus loin. Je rencontre ensuite Henning, un allemand qui vit avec sa femme et ses trois enfant à Levanger à 60 km de Trondheim. Je lui parle de ces bonnes rencontres que j’ai faites en Allemagne et le voilà bien obligé de se mettre au niveau de la réputation de son pays… il m’invite à boire le thé ! On passe un sacré bon moment et finalement, au bout d’une heure, il me reconduit sur la route. Il est 5h30. Assez vite, Sven et Anka s’arrêtent. Il organise des concerts et elle tient une boutique de piercing et tatouages. Ils ont le look approprié ! ils ont fait à peu près trois fois le tour du monde et s’efforcent de donner une bonne image de la Norvège auprès des auto-stoppeurs. Il est bien contant lorsque je lui dit que son pays est en première position dans mon palmarès ! Ils font un brin de route en plus pour me trouver une bonne place. Je les sent presque gênés de ne pas m’inviter pour la nuit. Très vite après, la dernière voiture du jour s’arrête pour m’emmener une trentaine de kilomètre plus loin. là non plus mon charme ne fonctionne pas. Lorsqu’il me demande où je vais dormir et que je lui répond que je ne sais pas mais que j’ai un bon duvet, il me dépose sans sourcilier… j’aurais pas dû parler du duvet.

Il est trop tard, la nuit tombe le froid arrive, je dois trouver un coin pour dormir. Il y a de l’activité dans la ferme en contre-bas et la cheminée fume… Je tente, donc. Lorsque je rejoint l’entrée, une voiture arrive dans la cour. C’est grand-père et grand-mère qui habite une partie du bâtiment. Grand-mère ne parle pas anglais, mais elle m’introduit auprès de sa belle-fille ou de sa fille (?). Je lui demande un coin de foin pour dormir. Comme toute paysanne qui se respecte, elle va demander à son mari. Elle revient. Ça ne va pas être possible, car ils ne savent vraiment pas où je peux me mettre et puis en plus ils ont pas de lampe… j’insiste donc. Elle revient et me propose finalement « la cave ». Et ben voilà ! Tusen takk ! Finalement, le mari en question me conduit. Ils se détendent un peu et me montrent leur plus beau sourire et un magnifique coin pour m’installer, avec canapé et playstation 3 !! Après les nouilles, je tente une partie juste pour la forme, mais sans conviction. Je m’écroule vers 10h.

 Jeudi 27 mars : Quelque part entre Steinkjer et Snåsa – Bodø

Distance : 550 km ; durée : 16h30 (dont 7h00 d’attente)

Je quitte mon doux gîte à 7h00 sans rencontrer personne. Ma première voiture arrive après le temps qu’il me faut pour boire un bol de thé depuis ma thermos. L’homme travail à l’école de Grong, 50 km plus loin. On raconte pas grand chose, ça fait du bien de bon matin. Il me dépose à l’entrée de Grong, au bord de la plus belle rivière à saumons de Norvège (la rivière, pas les saumons) selon lui. Le record est de 22 kg !

J’attend dans ce fond de vallée où il fait un froid de canard. Je danse un peu histoire de me réchauffer. Au bout d’une demi heure, Bogdan, Iren et leur fils Luca me prennent. Ils sont roumains, habitent en suède et cherchent du travail en Norvège… ils sont docteurs tous les deux. Ils veulent ramasser du pognon avant de s’offrir un petit tour du monde. Le rêve de Bogdan est de devenir berger. Il va s’y mettre dés son retour. Ils me déposent à Namsskogan à 9h00. C’est joli sous le soleil qui a finalement réussi à chasser tous les nuages et il y’a un peu d’activité (c’est pas courant dans le coin) avec une bibliothèque où je peux chercher un canapé à squatter à Bodø. C’est joli, mais après 5h30 d’attente, ça l’est beaucoup moins… Une voiture toutes les 10 minutes en moyenne. C’est pourtant l’unique route qui relie le Nord et le sud de la Norvège ! Lorsque ce papi s’arrête et me propose de m’emmener au prochain « village », je dis banco. Toute façon, c’est la même chose que je reste ici ou pas, autant changer de paysage… Je m’assure cependant qu’il y ai une gare à cette endroit. J’ai laissé filer le seul train entre Trondheim et Bodø ce matin. Si aucune opportunité ne se présente, je compte bien ne pas moisir ici et prendre le train jusqu’à son terminus du soir à 200 km de là. Je passe la limite entre le nord et le sud de la Norvège (matérialisée pour de vrai !) avec mon papi, sous un soleil de plomb. La route s’ouvre peu à peu sur une immense étendue neigeuse (un lac, comme mon expérience aiguë du paysage norvégien me le laisse supposer) surplombé par des montagnes aux allures de ballon de baudruche. Papi m’arrête finalement devant un hôtel. Je lui demande de me conduire plutôt jusqu’à la gare, ce qu’il fait. Il me laisse finalement, non sans me montrer que 800m plus loin, il y a un hôtel… au cas où ! Lui non plus il ne crois pas trop à la puissance technique concentrée dans les 60 litres de mon sac…

J’attend, donc. J’ai des envies de partir me balader et prendre quelques clichés… mais mon envie de ne pas loupé une seule voiture est la plus forte. Patience récompensée. Au bout de 15 min (ce qui représente environ 1,5 voiture) une voiture s’arrête. Plus tard, je me rendrai compte qu’elle représentait en fait la demi sus-citée. Je demande à l’homme où il va. Il me demande où moi je vais. Je lui montre mon carton. Il réfléchi, puis il dit que lui aussi (il va à Bodø pour ceux qu’on perdu le fil). Je dit « great » et je lui demande si je peux y aller avec lui. Il dit qu’il ne sais pas… Il me demande d’où je viens. Je dis que je suis français. Il dit ok, il est 15h30.

Cet homme, c’est « Kasparov », du moins c’est comme ça qu’il se présente. Il est réfugier Irakien en Norvège depuis 6 ans. On embarque pour 450 km ensemble ! Sa voiture est complètement nase, comme il se plaît à le répéter. Il est crevé aussi, ça fait déjà 4 heure qu’il roule. Mais assurément, il est d’une très bonne compagnie. Un peu originale quand même. Il est catholique, anti-musulman et Sarkosyst !! Après quelques discussions enflammée et deux heures de route, nous voilà arrivé à Mosjøen où il me paye un Kebab… pourtant il a pas un rond et il refuse ne serait-ce que je lui paye un café… On repart et lorsque la nuit tombe, la neige aussi. On fait le plein à Moi i Rana deux heures plus tard, avant d’amorcer la montagne. À partir de là, il répète que c’est vraiment pas sérieux de conduire de nuit dans ces montagnes en hiver, avec cette voiture qui plus est. Tous les norvégiens le lui disent… Du coup, pour se rassurer, il teste ses freins toutes les 5 minutes (enfin ses disques, parce que ça fait longtemps déjà que y’a plus de plaquettes) en plein virages !! Je ne suis encore pas très rassuré sur la conduite avec pneus cloutés et je passe le reste des 200 km de montagne à faire de l’huile (c’est toujours ça de pris si on vient à en manquer !)… faut dire aussi que nous avons qu’un seul attache ceinture pour deux ! Mais ça passe. Très bien même à 90 km/h en descente sur la route enneigée. Pour me rassurer, je me dis que peu de choses peuvent arriver, car j’ai du bol, cette partie des montagnes norvégiennes est très soft et les précipices sont rares. A 20h30, petite pose melon (!) avant d’attaquer la montée du col, en plein milieu d’un des nombreux parcs nationaux de Norvège. C’est là qu’est matérialisé le cercle polaire !! La descente est encore pire que la montée, avec mon Kasparov qui répète « It’s not good, I don’t like this car »… Mais encore une fois, ça passe !

La dernière partie de la route, les derniers 100 km se passent sans accro. Sauf que je dois lui tenir le crachoir pour éviter qu’il s’endorme, avec ses deux sujets de prédilections : les bagnoles, qu’il aime avec 4 roues motrices et si possible « mercides » et les musulmans, qu’il aime pas du tout… On arrive, finalement… sous un ciel étoilé et un rideau d’aurors boréales !! Kasparov a fait un sacré bon boulot et je lui en suis grandement reconnaissant. Il est 11h30 et bien trop tard pour contacter un couch surfer. Comme Kasparov ne croit pas non plus à mes histoire de duvet, il me propose le gîte pour la nuit. Ok ! On finira les dernier 150 à pied, la voiture ne voulant pas grimper la route de glace. Un morceau de melon et une douche plus tard, je m’écroule dans l’canap’.

Vendredi 28 mars : Bodø – Morkenes (îles Lofoten)

Distance : 100 km (ferry) ; durée : 4h

Me voici donc à Bodø. Kasparov m’a amené ce matin puisque il habite à l’extérieur de la ville. J’ai le choix pour deux bateaux. Soit je peux aller directement aux Lofoten, soit je peux prendre un bateau pour l’île de Røst au sud des Lofoten. C’est un gros spot ornithologique que je voulais visiter. Manque de bol, si je veux aller à Røst, il n’y a pas de bateau pour les Lofoten avant mardi prochain… Vu qu’il est 14h50 et que ce bateau part dans 10 minutes, je crois qu’on peut dire que j’ai choisi la première solution. Je vais donc embarquer à 16h30 pour les Lofoten.

Voilà voilà, je vais essayer de voir ce qu’il y a à faire à Bodø…

A la prochaine !

 




Derniers instants à Lygra

24032008

Le printemps est arrivé !! Et moi je suis les oiseaux… vers le nord ! 

Lorsque je dis que le printemps est arrivé… c’est tout relatif. En ce week-end de pâques, j’ai vécu à la fois la journée la plus chaude et la plus froide de ce dernier mois ! Aucun nuage ne venait perturber la quiétude de cette nuit de pleine lune. Au petit matin, je tombe presque du lit en voyant les premières lueurs sur un ciel immaculé. Ni une ni deux, j’enfile quelques vêtements et pars jumelles en mains, bien décidé à retrouver la loutre que j’ai contemplée quelques minutes, deux semaines avant. Quelques mètres à peine et je sens déjà les effets de ce soleil salvateur. Les premières Alouettes des champs, un vol de Bruants des neiges, je suis en veine. La dernière fois ça avait débuté sensiblement de la même façon à la différence près que les Bruants avaient juste été remplacés par madame Grand tétras… Lorsque je rejoins le site par le sentier côtier, pas de loutre en vue. Je continue, sans même croiser mon couple d’Huîtriers habituel. Lorsque j’arrive au cap de l’île, j’arrête un instant pour contempler quelques Harles huppés pas très contants de me voir. Le fjord est d’huile. Le moindre mouvement semble être décuplé dans cette quiétude. Je tombe enfin sur mes Huîtriers lorsque une forme fait surface et… fait la planche ! Salut madame loutre !! Je suis trop loin pour tenter une photo. J’attends une nouvelle immersion pour me rapprocher. Lorsque j’arrive sur la berge derrière un bon rocher, je vois la belle qui décide de repartir par petits plongeons vers la rive opposée, sa proie entre les dents… tant pis ! La rive est à une centaine de mètres. J’ai donc tout le loisir de contempler cette loutre qui se régale tranquillement avant de bondir de rocher en rocher, replonger, refaire surface et recommencer. Je la perds. Quelques minutes plus tard, un gros « plouf » à quelques mètres de moi me faire comprendre que j’aurais peut-être pas dû bouger… quelques temps après, des gémissements me parviennent depuis la rive d’en face. Est-ce la progéniture qui crie famine ? Je m’accorde une petite sieste dans la callune sous le soleil qui chauffe enfin, puis lève le camp. Je termine mon tour de l’île par la côte ouest. Je m’accorde quelques instants de voyeurisme pour les parades des Eiders à duvet. Ils sont arrivés la semaine dernière. Un beau troupeau d’environ 200 oiseaux ! Quelques oies se mêlent à la fête. Le fjord n’a toujours pas de vague… euh… si, une. Quelques chose fait surface tous les 10 mètres avant de replonger aussitôt. Serait-ce de nouveau la loutre ? Lorsque j’arrive enfin à l’avoir dans les jumelles, je découvre une masse grise qui glisse sur la surface, suivie de près par un aileron et une queue… de dauphin ! Belle matinée !!

Ça, c’était ma journée la plus chaude du mois. L’après-midi, un premier nuage, puis deux, puis du gris, puis de la neige… puis 5 cm le lendemain matin ! Puis 5 nouveaux centimètres en fin de journée. Dès que le ciel se dégage, je saute dans mes bottes pour aller « pêcher » quelques palourdes que je convoite depuis mon arrivée.

Aujourd’hui, c’est mon dernier jour à Lygra. Le soleil n’a presque pas cillé de toute la journée. Je profite d’une dernier levée de soleil sur la lande enneigée pendant une heure ou deux. Je retrouve ma loutre et cette fois, parviens à lui arracher quelques photos… c’est qu’on est intime maintenant !

 Mais qui c'est ? Troupeau nourrit en hiver. Au moins celui-là on peu l'approcher ! Fjord Est Toi d'abord... Fjord Ouest Grange traditionnelle pour stocker la tourbe ou la bruyère Le Nord de l'ïle la veille du départ grat grat grat... Belle récolte ! Depuis le temps que j'en rêvais ! Au moins la viande est déjà salée ! Une dernière pour la route

Les photos mistère :

  Pas si mal quand même ! Vanneaux huppés Eiders à duvet Eiders à duvet en pleine parade   Bruants des neiges... sisi cherche bien ! Huitriers pie Bécasseau que j'm'avancerai pas plus loin Pygargue à queue blanche Une espèce endémique à ce fjord. 

La première période de mon voyage s’achève sur cette note… ça m’va !!

J’ai atteint un peu plus de la moitié de mon voyage et il reste encore tellement de chemin à parcourir pour si peu de temps ! C’est donc à la fois le coeur lourd et la tête plein d’entrain que je fais mes bagages, profite une dernière fois de ce beau paysage et passe les derniers moments avec mes hôtes si accueillants.

Cette première période fut bien intéressante du haut de ses 2 mois et demi et ses 2800 km. De chouettes rencontres et de très bons moments. Il me reste maintenant dans les 5300 kms pour retourner au bercail pour un peu plus d’un mois et demi ! La prochaine étape sera les îles Lofoten au delà du cercle polaire, à 1700 kms d’ici. C’est la pleine saison de la pêche à la morue dans ces îles et je crois que selon les opportunités et le temps qu’il me reste , je m’arrêterai bien pour gagner trois sous chez les marins norvégiens. A moins que je trouve une ferme qui veuille bien m’embaucher. J’ai contacté 3 fermes caprines qui fabriquent le célèbre « brunost » ou « brown cheese » ou encore « fromage marron »… J’ai une réponse mais qui ne se prononce pas encore sur l’opportunité de me trouver du travail. On verra bien. De toute façon il y aura forcément trop de choses à voir et à faire… En attendant, je vais essayer de pallier au plus urgent : arriver jusqu’à Bodø d’où je dois prendre un bateau pour les îles. En stop, ce n’est pas si simple. Surtout dans la première partie, jusqu’à Trondheim, à travers les montagnes… Mais j’empreinte la voie de bus, donc j’ai toujours une roue de secours pour ne pas passer le peu de temps qu’il me reste au bord de la route !

Car vous l’avez compris, le temps presse. Je me donne une vingtaine de jours pour arriver à Narvik, une ville sur le continent à l’extrémité Nord des Lofoten. De là je dois prendre le train pour la Suède et quelques jours à ski dans un des parcs nationaux entre Narvik et Kiruna en Suède.

Bien le bonjour, à toutes et à tous et portez-vous bien !

 







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